27.5.09

Le coup de gueule de Marseille et Lyon

Article trouvé dans la Marseillaise du 27-05-2009, par MICHEL CAIRE.

Transports. Karim Zeribi (RTM) et Bernard Rivalta (Sytral Lyon) dénoncent les 35 milliards donnés pour le métro dans le Grand Paris alors que le reste du pays se partage 710 millions.
« Si on veut faire le Grand Paris et rien à côté il faut le dire », lance Karim Zeribi, le Marseillais président de la RTM, qui était hier au côté du Lyonnais Bernard Rivalta, le président du Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise. Ils ont tenu une conférence de presse commune pour dénoncer cette politique de l’Etat qui ignore les grandes agglomérations de province. Ils dénoncent le fait que 35 milliards d’euros soient prévus pour 130 km de métro dans le Grand Paris alors que, dans le même temps, le Grenelle de l’environnement ne prévoit que 710 millions pour les transports, hors Paris. Karim Zeribi explique le sens de l’initiative : « Face aux choix du gouvernement concernant les aides aux transports publics, nous souhaitons nous unir car nous partageons la même vision. Nous souhaitons dire notre colère face au déséquilibre qui existe entre le Grand Paris et le reste de la France qui n’a que quelques miettes. » Il ajoute : « Les deuxième et troisième villes de France sont ensemble pour dire que notre pays ne se réduit pas à Paris et que, nous-mêmes, mais aussi Toulouse, Strasbourg ou encore Lille aurions pu être associés à cette démarche. » Il considère : « Borloo et Sarkozy doivent entendre le message. Nous ne sommes pas là pour polémiquer, lorsqu’une décision est bonne elle l’est, qu’elle vienne de droite ou de gauche, là elle est mauvaise. » Bernard Rivalta avance : « Simultanément nous avons vu le président de la République, dont ce n’était pas le rôle, annoncer le plan pour le Grand Paris, puis Jean-Louis Borloo et Fadela Amara, Dominique Bussereau et Hubert Falco annoncer des chiffres, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, sans aucune mesure avec ceux du Grand Paris. Or, soit on construit une France multipolaire, comme peuvent être l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne notamment, soit on construit une mégapole et l’on met fin à la décentralisation. » Il dénonce également la façon dont les sommes ont été réparties : « C’est du saupoudrage et on a joué les petites villes contre les grandes. » Alors que Karim Zeribi se demande encore : « Sur quels critères, trois des six projets que j’ai proposés ont été rejetés. Je n’en ai aucune idée. » Et l’élu marseillais de conclure : « Force est de constater qu’aujourd’hui on prête aux banques et on n’aide pas les syndicats mixtes des transports. Il faut un Etat moins jacobin, plus partageur, sinon cela produira des frustrations dans la population qui se sent oubliée. »

15.5.09

N'importe quoi !!!


Cette grosse merde, c'est une blague ? Même pas ! Pauvre ville, le jour, où le Festival de Marseille se noie, un artiste (?) ne trouve rien de mieux que de plagier le symbole d'Hollywood (et encore il aurait pu écrie GAUDIN ou OM )! Le pire, c'est qu'un quotidien régional reprenne l'info ! Et encore le pire du pire, c'est que nous sommes certains que les élus de cette Ville trouverons l'idée géniale et la finançerons ! Pauvre festival de Marseille, pauvre ville... 2013 est encore très loin !

11.5.09

Incroyable article sur la réhabilitation du centre de Marseille...

article trouvé dans La Provence du 11 mai 2009, écrit par Florent Provansal
Réhabilitation du centre de Marseille, le bras-de-fer continue

Jean-Claude Gaudin a refusé les "dix propositions" de Philippe Sanmarco pour rester à la tête de Marseille Aménagement.

L'entreprise en charge de l'aménagement de l'aire marseillaise devrait avoir un nouveau président le 28 mai. C'est la date choisie par Philippe Sanmarco, (ex-PS, majorité municipale), élu à ce poste au printemps dernier, pour convoquer un conseil d'administration de la société d'économie mixte (Sem), afin d'y confirmer sa démission.
L'élu reproche le système de gouvernance entre la présidence et la direction de la Sem et un problème de stratégie avec une politique qui ne correspondrait pas à la délibération municipale votée le 1er février 2008 qui avait permis l'accord entre Convention citoyenne, mouvement créé par Philippe Sanmarco et le ticket Gaudin-Muselier en vue des municipales.
À la demande du maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin (UMP), rencontré une première fois le 20 avril, le président démissionnaire avait suspendu sa décision. Mais, à l'issue d'une nouvelle entrevue le 4 mai, Philippe Sanmarco l'a confirmée. "J'ai effectué une demande en dix points, ceux qui me semblent nécessaires pour l'exercice de la fonction de président." Demande à laquelle n'a pas pu répondre favorablement Jean-Claude Gaudin.
"Les accords politiques avec Philippe Sanmarco restent les mêmes et il continuera à être administrateur de la société, explique le maire de Marseille. En outre, j'assisterai à cette séance où sera élu le nouveau président". La mairie qui détient, comme MPM, 25% du capital, privilégierait la candidature de Dominique Vlasto, adjointe au Tourisme et députée européenne.
Quant à Philippe Sanmarco, il indique qu'il ne votera le 28 mai "que pour un président qui accepte ses dix propositions." Tout en assurant qu'il reste dans la majorité municipale.
Les dix conditions de Philippe Sanmarco pour ne pas démissionner
"Les bases minimales d’une position acceptable par n’importe quel président sont les suivantes : 1 - Les comptes de la société doivent être validés par un organisme extérieur. Le dernier contrôle est celui de la Chambre régionale des comptes et il date de 10 ans. Aucun organisme ne peut se permettre de s’en remettre à la parole de son dg si longtemps sans contrôle externe. C’est une décision à prendre immédiatement.
2 - Ce contrôle doit porter d’abord sur la globalité des comptes. Mais aussi sur les activités, une par une. Le PRI étant au premier rang des bilans à demander car on ne saurait déployer une nouvelle politique en centre ville sans avoir un bilan des 10 années écoulées.
3 - En ce qui concerne la suite des opérations en centre ville, la délibération du conseil municipale en date du 1 février 2008 doit être strictement respectée. Or non seulement ce n’est pas le cas, mais on constate des évolutions inverses. Plus grave, n’ayant pas réussi à imposer la reconduction tacite de sa concession, le dg fait aujourd’hui trainer les choses, voire les rend de plus en plus impossible à régler, au détriment des intérêts de la ville. Ceci afin de faire constater fin 2009 que nous sommes dans une impasse et s’imposer alors comme le sauveur après avoir mis en péril l’intérêt public. Ce dossier est devenu emblématique et urgent : c’est la raison pour laquelle le dg doit en être immédiatement dessaisi au profit d’un dg adjoint relevant du président et du conseil, en lien direct avec le secrétariat général de la Ville.
4 - En ce qui concerne les autres grandes zones d’activités, les prescriptions déjà anciennes de la CRC doivent être respectées strictement : « le concessionnaire doit fournir chaque année à la collectivité, un plan de trésorerie actualisé de l’opération faisant apparaître l’échéancier des recettes et des dépenses, ainsi qu’une note de conjoncture sur les conditions matérielles et financières de réalisation de l’opération au cours de l’année écoulée comparées aux prévisions initiales et sur les prévisions de l’année à venir… ». Il faut donc que sur les opérations du centre ville (PRI, zac de la Bourse), mais aussi celle de la Zac de la Capelette, celle du Rouet, celle de Sainte Marthe, celles du Vallon Régny et de la Jarre soit d’urgence organisées des réunions respectant l’esprit et la lettre des remarques de la CRC, ce qui est d’ailleurs l’aspiration de tous les élus concernés, et surtout que ces documents ne se limitent pas à des développements lénifiants comme c’est malheureusement le cas actuellement.
5 - Pour l’avenir, le dg doit être dessaisi de toute activité de communication, exclusivement réservée au président. La lettre mensuelle sera suspendue afin que son objet et son contenu soient réexaminés en profondeur.
6 - La situation personnelle du dg doit être immédiatement clarifiée alors qu’il a refusé de communiquer son contrat de travail en menaçant des conséquences d’un éventuel départ anticipé dont personne ne connaît les conditions ainsi entourées d’une totale opacité.
7 - Le dg doit s’entendre confirmer qu’il n’a pas à s’abriter derrières d’hypothétiques décisions du cabinet du Maire abusivement ainsi mis à contribution. Au demeurant il faut intégrer le fait qu’il existe d’autres actionnaires que la ville de Marseille et que tous doivent être respectés. En particulier il serait temps de comprendre que MPM est une collectivité séparée dont dépend aussi l’avenir de Marseille Aménagement.
8 - Toute question posée au dg par un administrateur doit faire l’objet d’une réponse écrite. Ce document doit être remis aux administrateurs qui en ont fait la demande, sans que le dg se contente de le lire et de le garder par devers lui.
9 - Un conseil scientifique composé de personnalités indépendantes sera créé auprès du conseil d’administration qui pourra solliciter son avis sur des sujets de son choix. Plus généralement le recours à l’expertise extérieure sera développé.
10 - Pour l’exercice de sa mission, le président pourra être assisté d’un ou deux collaborateurs de son choix".

10.5.09

Marseille 2013 : La culture comme ultime coup bas


article trouvé sur : http://www.millebabords.org/ par Leï Chapacans


MARSEILLE, L’INCURABLE
Il est des villes qui semblent résister contre vents et marées, en dépit des injures et du mépris, aux multiples attaques qui tout au long des derniers siècles ont tenté de les rendre semblables à n’importe quelle autre. Rares sont celles qui malgré l’insistance des coups portés ne se sont transformées en ville-décor, centre aseptisé et périphérie dortoir. Marseille ou du moins ce qu’il en reste est de celles-ci. Raillée et calomniée dans l’Hexagone jusqu’au milieu des années 90, elle a su ne pas nier ce qu’il reste de vie. Par un retournement autant habile que douteux de toutes les tares qu’on lui avait accolées, la ville paresseuse, sale, vulgaire et cosmopolite est devenue à la mode ces derniers temps. La transformation sémantique des mots vécus en termes plats et conceptualisés a permis sa valorisation marchande. Marseille, ville hospitalière, cosmopolite, juste assez violente pour ne pas être ennuyeuse, est devenue officiellement une ville où il fait bon vivre. Le spectre d’Haussmann, Attila de la ligne droite, peut davantage hanter les lieux. La rue de la République, véritable saignée impériale, dont la réalisation eut pour vœux non exaucés de faire revenir près du centre ville une bourgeoisie marseillaise frileuse, est présentée à une nouvelle bourgeoisie européenne, autant convoitée que fantasmée, comme l’eldorado moderne de toutes les opportunités en matière d’investissement et de logements, de bureaux qui au demeurant restent vides. Euromed qui inlassablement intente, avec l’arrogance de bâtisseurs sur des déserts, une restructuration du territoire européen en pôles régionaux de compétitivité, opère autour du nouveau « quartier » d’affaires de la Joliette à grands coups d’expropriation et d’expulsions. Ce projet visant à construire un « espace de paix, de sécurité et de prospérité partagée » s’incarne dans la destruction des dernières enclaves populaires du centre en vue de leur déportation en périphérie et la construction de pôles pour des populations virtuelles de substitution acquises à la mobilité ou à la spéculation. L’une des dernières grandes villes européennes avec un centre populaire courbera-t-elle l’échine face à l’anéantissement des formes de connivences afin de leurs substituer des conglomérats informes, séparés par des déserts et des autoroutes ? À défaut d’une résistance de taille, sabotages d’horodateurs, actions contre les expulsions, grouillements de vies insoumises à cette gestion et faillites chez les Seigneurs sont autant de cris d’une ville qui refuse de ne s’appeler ville que par tromperie.
CULTURE RAYONNANTE ET GENTRIFICATION
Lorsque les bruits des marteaux piqueurs et le gigantisme du carton-pâte ne semblent plus suffire surgissent de façon peu sournoise les projets d’une indispensable culture. Banderoles et brochures fleurissent pour célébrer la victoire de Marseille-Provence comme Capitale Européenne de la Culture en 2013. L’ancien PDG d’Orangina-Schweppes, Jacques Pfister, président de l’événement ainsi que de la Chambre de Commerce et d’Industrie, célèbre le mariage de la culture et de l’entreprise. Pour ce mécène des temps modernes, homme de culture et grand combattant contre la diabolisation de l’entreprise, un des rôles de l’artiste consisterait à retracer aux financeurs le moment économique qu’ils vivent. L’événement n’aurait pas d’enjeux mais prendrait part dans une politique de civilisation. Un des nombreux objectifs serait de rassurer les entreprises étrangères qui s’installent sur les conditions d’accueil et de vie de leurs cadres, familles et employés dans une ville où la culture se doit de bien être assurée [1]. D’autres comme Rudy Ricciotti, architecte du futur MuCEM, pour qui vivre toujours tous ensemble entre pauvres ne serait ni un projet esthétique ni un projet politique, se plaignent du fait qu’il n’y ait pas assez de riches à Marseille et espèrent que l’événement puisse amener un peu de blé, un peu de belles femmes en voitures décapotable [2]. Le consensus entre décideurs politiques et économiques et l’absence provisoire de voix dissonantes chez les saltimbanques serait-il dû à l’attrait financier des fameux 98 millions ? Les citoyens dubitatifs devraient selon les dirigeants se satisfaire d’une stratégie de mobilisation qui les feraient devenir acteur de l’événement. Ce projet dont les axes principaux [3] ont été minutieusement définis attribue la place importante à une culture à rayonnement européen voir international. Des miettes d’un folklore local multiculturaliste douteux se basant sur ce qui fit de Marseille une ville à la mode fignoleraient la marque Marseille. Désertions et initiatives permettant la lutte dans le champ artistique, lutte qui ne pourra se manifester que par une mise en question radicale des rôles de chien de garde en laisse des pouvoirs financiers et de participant actif à l’effondrement des dernières enclaves populaires attribués à l’artiste, seront autant d’obstacles à ces projets où culture et pacification sont à jamais liées. Nous ne pouvons dire que « Non » et saboter par tous les moyens cette négation de ce qui reste de vie par en bas. Parce que si par amour nous commencions par dire des choses positives, nous tomberions dans l’erreur de revendiquer ; ce qui est se tromper car au moment où l’amour formule ces réclamations positives, il contribue lui-même à convertir ces choses, en idée d’elles-mêmes, manipulables par le commerce, le Capital et l’État.
Leï Chapacans
Lectures pour une offensive « Villes et résistances sociales », Agone n°38/39, 2008 Bendy Glu, Culture & propagande « “Lille 2004”, capitale européenne de la culture » in Agone, n°34, 2005 Bruno Le Dantec, La ville-sans-nom, Marseille dans la bouche de ceux qui l’assassine, Le Chien rouge, 2007 Site Internet « La fête est finie » : — http://lafeteestfinie.free.fr/
Texte paru dans Offensive n°21
OLS Chapacans c/o Mille Babords 61 rue Consolat, 13001 Marseille chapacans@riseup.net http://offensive.samizdat.net/ http://atheles.org/offensive/
[1] Propos tenus à la fin de l’émission radiophonique : Marseille vue par ses décideurs économiques http://www.grenouille888.org/dyn/spip.php ?rubrique450
[2] Propos tenus pendant l’émission Tout arrive ! (21’30) Le 7 novembre 2008 sur France Culture http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/TOUTARRIVE/TOUTARRIVE20081107.ram
[3] Nous reviendrons ultérieurement sur le fond de ce projet.

6.4.09

Les atouts des villes dans la lutte contre la pollution

Article trouvé dans LE MONDE, daté du 4 avril 2009
En matière de changement climatique, les villes ne sont pas le problème, mais la solution. Telle est la conclusion d'une étude publiée dans la livraison d'avril de la revue Environment and Urbanization, à contre-courant de la vision fataliste de métropoles concentrant toutes les tares environnementales : congestion automobile, étalement sans fin, déchets qui s'amoncellent et pollutions variées.
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Alors que plus de la moitié de la population mondiale vit désormais en ville, la responsabilité des agglomérations dans le réchauffement global semble écrasante : celles-ci n'occupent que 2 % de la surface de la planète, mais elles concentrent 80 % des émissions de CO2 et consomment 75 % de l'énergie mondiale.
L'équation est trop simple, selon David Dodman, chercheur à l'Institut international pour l'environnement et le développement, à Londres. Car au-delà de l'effet de masse produit par les chiffres globaux, "beaucoup de villes ont des émissions par tête étonnamment faibles", souligne-t-il dans Environment and Urbanization.
Calculés par habitant, les rejets de gaz à effet de serre de certaines villes sont nettement inférieurs à la moyenne du pays. Les rejets des New-Yorkais représentent moins d'un tiers de la moyenne des Etats-Unis ; chaque Barcelonais émet moitié moins de gaz à effet de serre que l'Espagnol lambda ; tout comme les Londoniens font deux fois mieux que les Britanniques. Au Brésil, même les tentaculaires Sao Paulo et Rio affichent des émissions per capita qui ne dépassent pas un tiers de la moyenne brésilienne.
De quoi encourager les efforts de villes telles que New York, Londres, Chicago ou Amsterdam, qui ont lancé ces derniers mois d'ambitieux plans climat, ou de l'agglomération de Curitiba, au Brésil, devenue, avec ses 4 millions d'habitants, un modèle de développement durable pour les pays émergents.
L'explication est connue, proclamée sur tous les tons par les professionnels de l'urbanisme : une ville compacte, mélangeant logements et activités et desservie par des transports en commun est moins polluante qu'un habitat individuel diffus fondé sur le règne automobile. La corrélation entre une faible densité urbaine et une quantité élevée de rejets de CO2 par habitant a été démontrée. L'éclairage et le chauffage des bâtiments génèrent un quart des émissions de gaz à effet de serre dans le monde et, selon les estimations de la Banque mondiale, les transports comptent pour un tiers des rejets dans les agglomérations.
"Les villes offrent une vraie chance de réduire le changement climatique, estime la directrice exécutive de l'ONU-Habitat, Anna Tibaijuka, dans le rapport sur "L'Etat des villes du monde 2008-2009". Des villes bien conçues procurent à la fois des économies d'échelle et la densité de population pour réduire la demande de ressources par habitant. Nos données montrent que les politiques qui promeuvent des transports publics efficaces, qui réduisent l'étalement urbain et qui encouragent l'utilisation d'énergies renouvelables peuvent réduire de manière significative l'empreinte écologique d'une ville et les émissions de CO2."
Pour M. Dodman, désigner les villes comme coupables du changement climatique détourne l'attention du principal facteur d'émission de gaz à effet de serre : "Les vrais responsables ne sont pas les villes elles-mêmes, mais le mode de vie des habitants des pays riches, basé sur la surconsommation."
Pourtant, observe le chercheur, le développement économique n'entraîne pas nécessairement d'accroissement de la pollution. Ainsi la ville de Tokyo émet-elle une quantité de gaz à effet de serre par tête équivalant à 45 % de la moyenne japonaise, très inférieure aux rejets par habitant de Pékin ou de Shanghaï, deux fois plus élevés que la moyenne chinoise.
Reste qu'au-delà des exemples vertueux, de nombreuses villes sont très loin des canons de l'urbanisme durable, dans les pays en voie de développement comme dans les Etats les plus riches. "Il y a toujours besoin de réduire drastiquement les émissions si l'on veut atteindre les objectifs de lutte contre le changement climatique", avertit David Dodman.
Les transports sont responsables de 60 % des rejets de CO2 à Sao Paulo, métropole de la congestion automobile, contre 20 % à Londres ou New York, bien desservis par le métro. Et, aux Etats-Unis, pays de l'étalement pavillonnaire, la ville dense reste un défi, alors que la superficie totale des cent plus grandes agglomérations du pays s'est accrue de 82 % entre 1970 et 1990...
Les organisations internationales ont pris conscience que la bataille du climat se jouera dans les villes. Après la mobilisation récente de l'OCDE et de la Commission européenne, la Banque mondiale organise, fin juin, à Marseille, un symposium sur le thème "Ville et changement climatique".
En retour, les municipalités revendiquent auprès de l'ONU une place à la table des négociations sur le climat. Leur credo, résumé par l'association Cités et gouvernements locaux unis : "Les solutions apportées au changement climatique mondial ne peuvent être viables si les gouvernements locaux ne sont pas intégrés à part entière dans le processus de prise de décisions."
Grégoire Allix
L'acheteur parisien ou l'ouvrier pékinois ?
Les consommateurs parisiens doivent-ils se voir imputer une partie des rejets de CO2 des ouvriers de Shanghaï ? En Europe, mais aussi à Tokyo et à Rio, la réduction des émissions de gaz à effet de serre est largement due à la délocalisation de l'industrie, notamment vers la Chine, où 20 % à 30 % des émissions proviennent de productions destinées à l'exportation. Les usines sont ainsi responsables de 80 % des rejets à Shanghaï et de 65 % des émissions à Pékin, contre seulement 7 % à Londres et 10 % à New York ou à Tokyo, rappelle David Dodman dans la revue Environment and Urbanization. Le chercheur préconise ainsi une mesure des émissions basée non sur la production, mais sur la consommation, via l'empreinte écologique individuelle, qui attribue au consommateur l'impact écologique de ce qu'il achète. Une analyse qui rejoint la demande, formulée, le 16 mars, par la Chine, que ses émissions de gaz à effet de serre liées à ses exportations soient exclues des négociations sur le climat.

20.2.09

Ils ne peuvent plus voir les tags en peinture


C'est un « bordel », inscrit à la bombe noire, qui a fait déborder le vase pour Louis. « Ça fait presqu'un an, calcule-t-il, mais ceux juste à côté datent d'il y a une semaine. Marseille n'a déjà pas une très belle architecture, alors si, en plus, on tague tous les murs... » Sur les façades du parking de son immeuble, situé près de Castellane, les tags ont envahi l'espace. Trop, pour Louis, qui décide avec des voisins de créer l'association Rostag. Sa mission : organiser la riposte des habitants face à l'envahisseur graffeur.
« Si vous allez déposer plainte, vous avez de grandes chances de ne pas être suivi. Les autorités ont d'autres choses à faire, note Laurent Verbois, vice-président de l'association. Pourtant, sur les six premiers mois de 2008, une centaine de tagueurs ont été arrêtés à Marseille. Nous avons donc pensé qu'il fallait essayer de se grouper pour être entendus. » Rostag a ainsi déposé, il y a quelques semaines, sa première plainte collective, qui concerne 250 personnes. Dans la plupart des condamnations, les tagueurs doivent nettoyer leurs inscriptions et écopent, en sus, d'une amende, pouvant aller jusqu'à 4 000 euros. « Ce n'est pas de la grande délinquance, on ne demande pas qu'ils soient pendus, reprend Laurent Verbois. On veut simplement réparation du préjudice. Et surtout, qu'ils repeignent les murs. »
Pour la suite, l'association espère mobiliser à ses côtés les grands tagués comme la SNCF, la RTM ou la Poste, ainsi que la municipalité. Cette dernière aurait de bonnes raisons de se mobiliser : chaque année, le nettoyage des tags, qu'elle assure gratuitement pour les particuliers quand l'inscription est située en façade, lui coûte près de 800 000 euros. « De l'argent jeté par les fenêtres », déplore Martine Vassal, adjointe au maire à la Qualité de la ville, qui a décidé de se pencher sur la question.
L'élue a pris rendez-vous avec le parquet de Marseille pour mettre en place une procédure, inspirée de ce qui se fait dans des villes comme Aix ou Grenoble. « Comme les tags sont nettoyés, on manque de preuve, note-t-elle. L'idée, c'est donc de prendre la photo du tag avant le nettoyage et comme ça, si on attrape quelqu'un en train de faire le même, le dossier sera alourdi. » Pour l'instant, l'initiative de la municipalité ne concerne que les graffs ponctuant les murs du centre-ville. « Je fais la distinction entre les tags artistiques et les autres », assure l'adjointe.
Graffeurs artistes contre taggeurs vandales. Ce débat, Guillaume l'a entendu « des milliards de fois ». Mais à 22 ans, ce Marseillais compte déjà huit ans de grafs à son actif. Pour lui, la réalité du terrain n'est pas aussi tranchée. « Il y a de tout chez les graffeurs, explique-t-il. Certains sont polyvalents et font à la fois des fresques et des signatures, d'autres sont très spécialisés, d'autres encore cherchent surtout à taguer dans des endroits difficiles d'accès ou très surveillés. »
Plus attiré par le challenge esthétique, l'étudiant en graphisme s'est spécialisé dans les lettrages élaborés, qu'il peint sur des murs où le tag est toléré, comme vers la Corderie ou près de Luminy. « On n'a pas à faire nos tags là où on n'a pas le droit parce que même si c'est joli, ça ne plaira pas à tout le monde, assure-t-il. On n'a pas à s'imposer. En tout cas, c'est ma démarche. » Un point de vue qui n'est pas partagé par l'ensemble du milieu, en particulier chez les « signeurs » poursuivis par l'association Rostag. « Leur but, c'est d'être vus partout. Ils marquent leur territoire, mais c'est du matraquage, concède Guillaume. Moi, c'est surtout les camions tagués que je ne cautionne pas. Ce sont des particuliers qui n'ont rien demandé et qui, le matin, retrouvent leur véhicule tout dégueulasse. Si le graf, c'est écrire son nom, il y a quand même des valeurs. »


Stéphanie Harounyan
article trouvé dans 20 minutes du 19 février.

9.2.09

BAUHAUS LAB à Marseille

Objet du projet
La création d’un objet architectural transportable et modulable est au centre du projet bauhaus lab Marseille. Le but recherché est de réaménager un espace en suivant une réinterprétation des principes du Bauhaus : utilisation de formes géométriques simples, prédominance de la fonctionnalité, utilisation de matériaux industriels, transparence, couleurs primaires. Le concepteur privilégiera une relecture actuelle de ces préceptes.
Cet espace polymorphe accueillera des ateliers d’artistes multimédia, des conférences sur le thème de l’interdisciplinarité, des workshops multimédia pour enfants et un lieu d’exposition.

Les contraintes matérielles du projet
L’enjeu est de créer une structure transportable car elle sera amenée à être utilisé dans différentes cités européennes, et modulable selon son usage et son site d’accueil. Plus de précisions sur l’ensemble de la manifestation bauhaus lab marseille sur le document fourni « document architecture ». Les aspects concernant l’accueil du public (circulations, places assises environ 50 personnes…), la gestion de l’éclairage et des accès à l’installation devront évidemment être pris en compte.Durée maximale du chantier : 15 joursLa période de construction du projet lauréat est prévue pour la deuxième quinzaine du mois de juillet.
Site d’accueil primaire : la salle Maintenant
La Friche de La Belle de Mai met à disposition la salle «Maintenant ». Cet espace a été conçu comme un espace non-fermé, ouvert à la circulation, consacré aux évènements éphémères. La surface maximale dévolue au projet est de 400 m2 ; sa principale caractéristique est une trame poteaux-poutres de 7m de portée.Le projet proposé devra prendre en compte cette structure sans la considérer comme un élément immuable ou déterminant pour celui-ci, puisque devant être reconstruit dans différents sites.

Les acteurs
Pendant le temps de la résidence (3 semaines), dix artistes européens issus de divers champs artistiques – vidéo, performance, son, photo – travailleront à l’intérieur de la structure. Des conférences ouvertes au public ainsi que des ateliers multimédias pour enfants y prendront place pendant la même période. Lors de la période d’exposition (2 semaines), la structure accueillera les œuvres créées par les artistes.
Budget
Le budget du projet est de 40000 euros dont 10000 euros prévus comme optionnels. Les participants devront proposer une gestion de ce budget à travers un DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) distinguant clairement ces deux montants.
Jury
Les architectes Matthieu Poitevin et Rémy Marciano, professeurs à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille, Thierry Ollat directeur du Musée d’Art Contemporain de la Ville de Marseille, Patrick Bardou des Editions Parenthèses et un membre de Mécènes de Sud forment le jury de ce concours.
Lauréats
Les sept meilleurs projets sélectionnés par le jury feront l’objet d’une exposition à Weimar en Allemagne puis à Marseille en 2009. Une publication diffusée au niveau Européen est également prévue. Le projet lauréat sera réalisé et présenté lors de la manifestation du bauhaus lab marseille, en parallèle à la foire d’art contemporain Art-o-Rama dans l’enceinte de la Friche de La Belle de Mai à Marseille. La structure lauréate deviendra par la suite un centre culturel éphémère à Weimar en Allemagne, puis dans d’autres villes européennes. Un travail de documentation allant de la conception à la construction sera mise en ligne sur la plateforme innovante bauhaus.tv en partenariat avec ikono.tv.

Les candidats
Le concours est ouvert aux artistes, architectes, scénographes, et designers euro-méditerranéens. Les critères de faisabilité technique et d’assurance sont essentiels pour la réalisation du projet. Nous encourageons vivement les collaborations interdisciplinaires.

Inscriptions
Ouverture du concours 9 février 2009. Les participants devront renvoyer par la poste avec accusé de réception le formulaire d’inscription signé ainsi que les documents demandés. La période de réception de ces pièces est fixée du 1 au 15 avril 2009 à minuit. Les résultats seront communiqués au plus tard le 30 avril 2009.

3.2.09

Pas content le rital !

C’est le quotidien régional “ La Provence” qui le révèle sur son site internet. Le fameux MUCEM, ( MUsée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée ) relancé dernièrement par Nicolas Sarkozy ferait l’objet de recours gracieux, déposés par deux associations, demandant l’annulation pur et simple du permis de construire. Expression d’une démocratie populaire le recours des associations de riverains participe généralement, en France, à une culture du “contre”, mais témoigne aussi d’une fracture de la compréhension et du vécu de la ville en général. Curieusement le quotidien donne la parole à l’architecte, mais pas aux associations, ce qui en soi est assez parlant. Il n’en fallait pas moins pour que le bouillonnant architecte du chef d’oeuvre, Rudy Ricciotti monte sur ses grands chevaux. Cité par “La Provence” cela donne : “ "S'attaquer à la culture, ça ne se fait pas,” et ajoute pour exemple “ Je réalise à Paris l'agrandissement du Louvre dans un secteur hyperprotégé et je n'ai eu aucun recours! Lorsque j'ai gagné le concours du Louvre à Lens, on a préféré une architecte japonaise. Mes amis m'ont dit "attaque, fais annuler la décision". Je ne l'ai pas fait parce qu'il s'agissait de culture." Pour ce qui est du Louvre, il faudrait préciser que Rudy Ricciotti, avec Mario Bellini, ont en charge l’aménagement d’espaces muséaux ( pour les collections des arts de l’Islam,) autour d’une cour fermée, ( la cour Visconti,) isolée d’au moins quatre cents mètres du moindre riverain ( à part la victoire de Samothrace, mais on ne lui connaît pas un caractère belliqueux à cette glorieuse, même si les bras lui en seraient tombés ! )
article tiré de http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=5213

17.1.09

Nicolas Sarkozy : "Il ne faut pas avoir peur des architectes"


Le président de la République, lors de ses voeux aux représentants du monde culturel mardi à Nîmes, a exprimé le souhait "que l'architecture puisse véritablement vivre dans notre pays, qu'il y ait des grands projets".
"Il ne faut pas avoir peur des architectes, il ne faut pas avoir peur de l'architecture, au contraire. Il faut leur dire: 'tirez les conclusions des échecs des 50 dernières années et imaginez la ville de demain'", a déclaré le chef de l'Etat, défendant le lancement de la grande consultation internationale qui doit s'achever en février, avec dix équipes d'architectes chargées de plancher sur l'avenir du "Grand Paris". "Chaque époque doit porter des gestes architecturaux", a-t-il ajouté, exprimant le souhait "que l'architecture puisse véritablement vivre dans notre pays, qu'il y ait des grands projets".
"Débat accablant sur la hauteur"
"On a envie d'un peu d'ambition, de grands projets, de réflexion sur ce que peut être la ville de demain. On ne peut pas simplement être dans une gestion un peu au jour le jour. On a besoin de bouger ça", a-t-il encore lancé. Il a en outre jugé "accablant" le débat sur la hauteur des tours dans la capitale. "Il y a les 'pour' les tours, les 'contre' les tours. C'est comme le débat sur la densité... Si vous allez à New York, y a-t-il un débat sur les tours? Pourtant New York est une ville absolument magnifique. En général, les lieux architecturalement les plus appréciés sont les endroits où il y a le plus de densité", a-t-il dit, prenant l'exemple de l'Ile-Saint-Louis à Paris.
"Interdictions de tous les côtés"
"Il faut que nous (les) encouragions y compris en allégeant un peu le droit de l'urbanisme qui est devenu parfaitement abscons", a jugé le chef de l'Etat. "On est allé trop loin dans les règles, dans les cahiers des charges, dans les interdictions de tous les côtés, ce qui fait que maintenant la moindre association peut, pour de très mauvaises raisons, empêcher la réalisation de tous les projets," a ajouté M. Sarkozy. "La prime est donnée à celui qui prend le moins de risque. Comme ça, on est sûr de pas avoir de bonnes surprises, les mauvaises, elles, sont garanties", a-t-il ajouté. Evoquant les audaces architecturales réussies, il a par exemple jugé que "M. Mitterrand a parfaitement bien fait de mettre la pyramide de Pei -quel courage, quelle ambition!- au coeur du Louvre".

15.1.09

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Jean Nouvel : "Il est beaucoup plus intéressant de regarder ce que la ville devrait être avant de savoir comment on doit l'administrer. Il ne faut pas partir d'un mode de gouvernance pour définir la ville de demain. D'autant que les exemples sont très contradictoires. Marseille et sa banlieue ne forment qu'une seule et même commune. Paris et sa banlieue, une seule et même ville, mais des dizaines de communes différentes. Prenons-le comme une chance: chaque territoire a sa structure démocratique de représentation, avec une légitimité, un pouvoir politique propre. Ce quadrillage administratif a des côtés positifs. Ensuite, qu'il faille créer les instances intermédiaires de dialogue, une sorte d'intercommunalité qui permette de travailler ensemble, c'est évident."

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