29.12.06

Finalement, il roule !

On va continuer à critiquer son tracé, son prix, son design et pourtant il roule !
On va encore douter de l’incapacité de la RTM à le faire marcher mais pour l’instant il roule !
Bref, personne n’y croyait ! Même pas Gaudin et ses sbires et la surprise c’est qu’il roule !
Pourvu que ça dure !


le tramway de marseille
envoyé par lemataf

25.12.06

Derrière le mur, l'Architecture

J'ai retrouvé un article écrit il y a deux ans dans un petit fanzine d'architecture aujourd'hui disparu :
Le Tract !

Marseille change, Marseille détruit Marseille puis reconstruit un nouveau Marseille. Que cela nous énerve ou que cela nous plaise, qu’on en profite ou qu’on en souffre, finalement on n’y peut pas grand chose. Ces mutations parfois nous attristent : disparition de la passerelle Robert au dessus du Carénage pour laisser la place à des touristes quatre étoiles ; fin programmée de l’éclairage surréaliste du boulevard Longchamp pour un tramway pas encore nommé désir…
Mais de temps en temps, comme par miracle, une vue sur la ville jamais contemplée apparaît. Souvent éphémère le temps d’un chantier, au détour d’une rue, Marseille offre un instant magique qui excite tous nos sens d’architecte.
Mon dernier plaisir, je vous l’offre… Grâce à la démolition d’un vieil hangar, en sortant des ateliers des garages Renault sur le boulevard Michelet, dans l’encadrement d’une porte d’usine : une vision plein cadre sur le Brasilia (1966) de Fernand Boukobza. Bref instant magique rendu possible par la construction d’un immeuble sans âme « néo-impérial ( !) » qui bientôt viendra remplir le vide.
Hommage à l’autre grand immeuble du boulevard Michelet.L’image parfaite d’une architecture moderne fière, debout et optimiste, elle, restera en moi.
NM - LE TRACT#02-2005
NB. Aujourd'hui, deux ans après cet immeuble sans architecture est fini ! Triste tranformation de ce coin du sud de Marseille, alors qu'il y a quarante ans tous les espoirs, toutes les ambitions étaient permises !

22.12.06

Tentes+Containers

Que se passe t'il lorsqu'on se met à lire deux articles sur Internet en parallèle ?
On se met peut-être à avoir des idées ?
Premier article, lu dans le quotidien LA MARSEILLAISE du 22 décembre, écrit par Antonio MOREIRA.
Médecins du Monde tire le bilan de l’opération des tentes pour les SDF (Paris) avec une action de sensibilisation nationale qui lie grande précarité et mauvaise santé.
La campagne parisienne de l’ONG avait attiré les foudres de certains riverains qui ne voulaient pas que les tentes " Quechua " s’accrochent à leur trottoir. La délégation marseillaise n’a pas pour l’heure joué de cette carte spectaculaire. " Le sens de notre action aujourd’hui est de faire pression pour que tous aient accès à un toit. La réalité parisienne est sans doute encore plus dure à cet égard. Ce qui explique qu’on ne l’ait pas adoptée ici ", précise le Dr Xavier Carrard, délégué régional de Médecins du Monde.Régulièrement, l’ONG française fait le point sur les difficultés sociales croissantes du public qui aboutit à son " dispensaire " de l’avenue Rostand. Mais en l’occurrence il s’agit de se pencher sur le retentissement physique et psychologique des plus démunis parmi les démunis. En 2003, en plein hiver c’est l’annonce de la mort d’un sans-abri qui décide les docteurs Pierre Tivoli et Denise Clément d’envisager une mission de rue. " Nous avons une approche généraliste. La prise de contact est essentielle. Evidemment, il ne s’agit pas d’imposer d’emblée un examen clinique à des personnes totalement « dés-insérées » qui se méfient de toutes les instances ", explique Denise Clément.Le tableau clinique qui est ressorti de ce travail de " maraude " met l’accent sur la pathologie mentale, viennent ensuite les affections respiratoires. Mais là encore, le Dr Denise Clément, pour que les médias ne simplifient pas à outrance. " 70% des personnes que l’on a rencontré sont en souffrance psychique, ce qui ne veut pas dire qu’ils ont une maladie mentale. 30% d’entre eux en revanche souffrent d’une dépression grave ou d’une psychose. Les problèmes de dépendance à l’alcool sont très largement partagés. Mais pour ceux qui sont à la rue, les affubler du mot d’alcoolique, c’est une stigmatisation supplémentaire que de toute façon ils ne pourront surmonter tous seuls. "Sans toit et au vu des difficultés actuelles pour obtenir auprès des associations une domiciliation, l’entretien de la santé est une gageure. L’équipe mobile en fréquentant ceux qui sont à la rue fait remonter le caractère inadapté des centres d’hébergement d’urgence. " C’est aussi violent que dans la rue sauf que c’est entre quatre murs. Seuls les moins marginaux, les travailleurs pauvres, sont assez forts pour le supporter. Les tentes ont démontré que les SDF avaient aussi besoin d’intimité. La solitude tue, mais si l’on est à tout moment accessible aux regards scrutateurs on ne peut pas penser à un début de sortie de la galère ", conclut-elle.
Deuxième article, lu cette fois sur le blog ARCH*IDEA.
Après avoir été le support de nombreux projets architecturaux dans les années 60, les containers font aujourd'hui un retour en force dans les réflexions sur la ville et l'habitat.Simple effet de mode? Pas sûr…A Londres, Container City ressemble à un immense jeu de Lego dont les blocs sont empilés en ensemble asymétrique coloré. Avec des loyers moins chers que la moyenne londonienne, il n'en fallait pas plus pour que des artistes s'approprient ces immeubles originaux.Les 60 appartements, construits à partir de 123 conteneurs, sont empilés au bout d'un quai dans Docklands, un secteur maritime industriel de Londres.Même six ans après la construction de sa première phase, Container City intrigue encore les Londoniens. L'intérêt dépasse d'ailleurs largement les frontières de la ville puisque plusieurs villes comme New York, Las Vegas et Montréal semblent intéressées par le concept.L'idée est pourtant toute simple: en conservant l'enveloppe métallique des conteneurs, Eric Reynolds, le concepteur, obtient le revêtement extérieur de ses immeubles. Ne reste alors plus qu'à les isoler, à les empiler, à percer des fenêtres et à aménager l'intérieur comme n'importe quelle nouvelle construction.
Ce sont 30 années à recycler des édifices pour des clients au budget restreint qui ont amené tout naturellement l'homme d'affaires à utiliser ces boîtes métalliques comme matière première.Les conteneurs qu'il utilise mesurent 12 m de long sur 2,4 de large et comptent une hauteur sous plafond de 2,4 m: de quoi faire un petit studio mais cela n'empêche pas de souder quelques conteneurs les uns aux autres pour en faire des appartements plus vastes.
Lancé pour le passage à l'an 2000, le complexe de Container City ne devait comprendre que des ateliers pour les artistes londoniens -compte tenu des loyers exorbitant dans la capitale britannique- mais plusieurs locataires y ont élu domicile à temps complet.Environ 20 personnes vivent à Container City, précise le promoteur. C'est même devenu un des derniers endroits à la mode pour habiter.
"Nous avons une liste d'attente de personnes, artistes ou pas, qui veulent leur studio dans notre développement"Pour éviter que la popularité des studios ne fasse grimper les prix, Eric Reynolds tient à ce que son entreprise reste propriétaire du complexe et continue à louer les espaces.
"C'est ma façon de préserver les immeubles contre la spéculation et les hausses de prix. Il faut que ça reste abordable."
L'idée de vivre dans un quartier unique a aussi séduit plusieurs habitants de Container City.
Alors toujours pas d'idées ?

20.12.06

Taptapcity

A défaut de construire dans leur ville, les architectes marseillais s'exportent !
... en Haïti !

Exposition "Une Cité en chantier"

Le Corbusier, de la Cité radieuse à la Cité de l'architecture et du patrimoine" Du 9 décembre 2006 au 30 mars 2007 Exposition coproduite avec la Cité de l'architecture et du patrimoine/musée des Monuments français.
Le Musée des Monuments français présentait jusqu'alors des moulages grandeur nature des portails des plus belles cathédrales et des morceaux d'architecture des plus prestigieux bâtiments du Moyen Âge et de la Renaissance. Les conservateurs de la future galerie d'architecture moderne et contemporaine de la Cité de l'Architecture et du Patrimoine ont entrepris d'installer une réplique grandeur nature d'un appartement de Le Corbusier à la Cité radieuse construite à Marseille au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
L'originalité du chantier réside dans le recours à 17 lycées professionnels d'Ile-de-France. Ce sont les prototypes fabriqués grandeur nature par les élèves et leurs enseignants qui sont présentés dans l'exposition, comme autant d'illustrations des savoir-faire déployés dans le cadre de l'apprentissage des métiers du bâtiment. Élément du mobilier de la cuisine, fragments de l'escalier, coupes sur les menuiseries des fenêtres..., chaque prototype réalisé pour la retranscription de l'appartement est l'occasion d'analyser les techniques innovantes mises en oeuvre par Le Corbusier.
Dans cette perspective, le chantier de construction de la Cité radieuse sera replacé dans son contexte historique à l'aide de documents originaux prêtés par la Fondation Le Corbusier, les Archives Municipales de la Ville de Marseille et les Archives Départementales des Bouches-du-Rhône.
La présentation de cette exposition à Marseille est également l'occasion de mettre en lumière l'héritage de l'architecture de Le Corbusier et des architectures de la Reconstruction à Marseille, par le biais d'expositions-dossiers, de visites urbaines, d'animations, et d'un cycle de conférences et de projections en partenariat avec les différentes institutions culturelles de la ville.
Pour en savoir plus sur le projet Le Corbusier associant le Musée des Monuments français et des établissements des rectorats de Créteil, Paris et Versailles, consultez le site http://www.archi.fr/projet-lecorbusier
Lors de votre visite, vous découvrirez les espaces d'accueil de la nouvelle salle du Conseil Municipal implantée au coeur de l'Espace Villeneuve-Bargemon. Pour sa réalisation, l'architecte Frank Hammoutène vient de remporter le prix de l'Equerre d'Argent 2006.
Informations pratiques Espace Villeneuve-Bargemon (situé sous le parvis de l'Hôtel de Ville) Quai du Port - 13002 Marseille Entrée libre du mardi au samedi de 13h à 19h30

30.10.06

Corbu à l'Unesco?

La liste du Patrimoine mondial de l'Unesco s'enrichira-t-elle en 2008 des vingt-et-une oeuvres majeures de Le Corbusier? Le ministère de la Culture et la Fondation Le Corbusier avaient lancé l'idée en 2002. Cellle-ci pourrait devenir réalité si la France retient ce dossier en vue de le présenter en juillet 2007 au Comité "patrimoine mondial" de l'Unesco. Six pays accueillent les réalisations concernées : France, Suisse, Belgique, Allemagne, Argentine et Inde. Et Marseille, en ferait partie !

24.10.06

L'Equerre d'Argent 2006 attribuée à Franck Hammoutène et à Marseille

L'Equerre d'argent, le "prix Goncourt de l'architecture", a été attribuée lundi à l'architecte Franck Hammoutène et à la Ville de Marseille pour l'extension de son Hôtel de Ville, annonce le Groupe Moniteur, organisateur du prix.

Pour la mairie, à l'étroit dans le pavillon Puget (XVIIe siècle), l'architecte a réalisé une extension en sous-sol avec une esplanade s'étirant en gradins vers le vieux port. Les 8.000 mètres carrés créés en sous-sol abritent notamment le nouvel hémicycle de la salle des délibérations du conseil municipal.

Le prix de la Première oeuvre 2006 a été décerné à l'agence rppb (Rémi Pascal et Pierre Bouillon) pour la Maison aux Aubrais, de Fleury-les-Aubrais, dont la maîtrise d'ouvrage est d'initiative privée.

Il s'agissait pour l'architecte de transformer un pavillon des années 60 dont les espaces intérieurs ont été recréés et l'extérieur recouvert d'une résille métallique et de plantations de bambous.

Enfin, deux mentions spéciales ont été attribuées à Feichtinger Architectes RFR, pour la passerelle Simone de Beauvoir - Maître d'ouvrage Ville de Paris - et à Périphériques Architectes pour l'Atrium de l'Université Pierre et Marie Curie de Paris (maître d'ouvrage Etablissement public du campus de Jussieu).

L'Equerre d'Argent, créée en 1983 par le Groupe Moniteur pour promouvoir la création architecturale en France, récompense chaque année, à égalité, le maître d'ouvrage et les concepteurs, sans condition de nationalité, qui ont contribué à la construction d'un bâtiment devant être terminé dans l'année.

Le jury européen du prix a fait son choix parmi une sélection de 14 réalisations pour l'Equerre d'Argent et de douze pour la Première oeuvre.
Bref, entre une mairie cachée et un escalier mecanique coloré dans un batiment couvert de gaines et extracteurs au centre d'une matrice carcérale on peut dire que le jury s'est distingué. Quant au pont/passerelle on peut se demander si c'est de l'architecture habitée, c'est la seule bonne question de ce cru 2006. vivement 2007 !

7.10.06

Star Academy (2)

Marseille, toujours plus haut, toujours plus de stars... avec Jean-marie Charpentier (http://www.arte-charpentier.com/)... bref, pas de grands projets pour les architectes marseillais !


12.7.06

Star Academy

Zaha, maximiliano, Rudy et maintenant Jean... Oh Jean-Claude qu'est-ce qui t'arrives ?


28.6.06

La reconquête de Marseille (1)

Reportage de François Ruffin Marseille, ville cosmopolite ? Cette image est en passe de devenir une légende. Le centre de Marseille, la rue de la République et le quartier de Belsunce sont vidés de leur population au profit d’investisseur et de classes sociales "plus blanches et plus riches" pour reprendre les affirmations du Maire de la ville. Dans le cadre du projet Euromed de Marseille, visant à réhabiliter des quartiers du centre-ville réputés anarchiques, cette casse urbaine et sociale révèle un haut degré de violence sociale.

23.6.06

Jean Nouvel à Marseille ?

Le groupe Constructa organise les 7 et 8 juillet, en présence de JC. Gaudin et R. Muselier deux manifestations sur le site d'Euroméditerranée. Le 7 juillet marquera la pose de la première pierre du projet immobilier " Coeur Méditerranée". Le 8 juillet, l'architecte Jean Nouvek sera présent sur le site "SAS SUEDE", ensemble immobilier de 73 000 m² face à la mer.

7.6.06

MARSEILLE... priorité tramway !

Gaudin... priorité logements ?
Mais pendant qu'il construit son tramway-vitrine, doublon du métro, des gens continuent à dormir dans la rue !
Sans commentaire !

Rue Fontaine d'Arménie, les 6 et 7 juin 2006 à Marseille - France - Terre

29.5.06

DES LOGEMENTS A MARSEILLE... consultation publique

La Communauté d'agglomération MPM a mis en ligne un questionnaire sur le logemeent et la ville, à l'adresse http://www.vousavezlaparole.com/
Il est indispensable d’apporter une forte participation à ce questionnaire, qui servira de support aux propositions que MPM fera lors de la 2ème convention Habitat Logement du 22 Juin prochain.
Une mauvaise orientation de ce sondage aura une fois de plus des conséquences dramatiques auprès de nos élus qui n'y connaissent pas grand chose en la matière.
Allez, en mise en bouche, je vous livre juste la dernière question (affligeant, non ???) :
13 Selon vous, pour respecter l’identité de votre quartier, que faudrait-il faire en priorité ?
  1. Mieux entretenir les espaces verts
  2. Maintenir et favoriser les lieux publics de vie et de rencontre
  3. Respecter l’architecture provençale

Merci de diffuser ce lien.

3.5.06

Ricciotti, le régional de l'étape...


Après le très discret et réservé Patrick Berger en 2004, l'explosif et théâtral maître d'oeuvre de Bandol (Var) Rudy Ricciotti a été proclamé Grand Prix national de l'architecture 2006, mardi 25 avril, par le ministre de la culture et de la communication, Renaud Donnedieu de Vabres.
Cette distinction, la plus haute en France en la matière, a été relancée en 2004, après une interruption de quelques années, pour être désormais attribuée tous les deux ans.
M. Donnedieu de Vabres, qui présidait le jury de ce Grand Prix, a salué "la flamboyance et l'engagement total" du lauréat. Parmi les cinq derniers candidats en lice figuraient Odile Decq, Yves Lion, Patrick Bouchain et Jacques Ferrier. Ces deux derniers étaient déjà, aux côtés de Rudy Ricciotti, parmi les finalistes de 2004.
A 53 ans, Rudy Ricciotti, fils d'immigrés italiens installés en Provence, est devenu un des bâtisseurs les plus courus de l'Hexagone, porté notamment par des grandes commandes culturelles de l'Etat. Il termine le Centre chorégraphique national d'Aix-en-Provence, un spectaculaire entrecroisement de branches de béton noir conçu il y a huit ans pour le chorégraphe Angelin Preljocaj.
Il a aussi été choisi pour réaliser le Musée national des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée à Marseille, élaboré comme une casbah verticale enserrée dans une résille de béton - un projet actuellement en souffrance. Et il va aménager (avec Mario Bellini) le futur département des arts de l'Islam au Musée du Louvre, dans la cour Visconti, qu'il doit couvrir d'un audacieux toit ondulé en perles de verre.
PIROUETTE ET PROVOCATION
Parmi ses grands regrets figure pourtant son échec au concours du Louvre à Lens, remporté par l'équipe japonaise Sanaa. Ricciotti avait conçu un bâtiment presque entièrement enterré, une idée qu'il exploite dans d'autres projets, comme celui du Mémorial du camp d'internement de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales, livraison prévue en 2008).
Interrogé sur ce goût pour l'enfouissement, le maître d'oeuvre répond en souriant : "Cela exprime sans doute la mauvaise conscience de l'architecte." Une pirouette et une provocation, comme souvent chez ce grand gaillard aux longs cheveux noirs, aux gestes amples et au verbe haut.
Car depuis les premiers bâtiments qui l'ont fait remarquer, des villas de verre et de béton ("Vous trouvez ça fasciste de construire en béton ?") taillées d'un trait dans les pentes de la Côte d'Azur ou le bunker noir du Stadium, la salle de spectacles à Vitrolles (1994), Ricciotti se fait l'apôtre d'une architecture radicale et sensible, tout à la fois rigoureuse et spectaculaire.
Une architecture qui, chez cet enfant revendiqué de la République, s'enflamme souvent dans un discours philosophique et politique sur l'acte de construire, sur ce qui est moderne ou pas, courageux ou non.
Grégoire Allix

24.4.06

Traffic de SHON...


Les mètres carrés fantômes de la Défense
trouvé dans
LE MONDE 24.04.06


Fièrement dressés à la lisière de l'Ouest parisien,
les gratte-ciel de la Défense symbolisent toujours,
vingt ans après leur construction, le rêve d'un
Manhattan français.

Mais, depuis plusieurs mois, une discrète enquête
judiciaire fait trembler sur leurs bases les tours de
verre et de béton et jamais le quartier d'affaires de
la capitale n'a autant mérité d'être appelé ainsi. Au
terme de longues investigations, confiées par le
parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) à la section de
recherches de la gendarmerie de Versailles,
d'importantes infractions au code de l'urbanisme ont
été établies, qui mettent en cause le promoteur
Christian Pellerin et assombrissent le bilan
immobilier de l'ex-Compagnie générale des eaux (CGE,
devenue Vivendi Universal).

Ces découvertes alimentent, selon une source proche de
l'enquête, la suspicion d'une fraude organisée qui
aurait permis la réalisation illicite de "plusieurs
dizaines de milliers de mètres carrés de bureaux"
entre 1996 et 2000 – la même source avance le chiffre
de 45000 mètres carrés, ce qui pourrait constituer la
plus importante violation du code de l'urbanisme
jamais constatée en France.

Longtemps présenté comme l'homme fort de la Défense,
M. Pellerin était alors le consultant attitré de la
CGE – après en avoir présidé la filiale immobilière
Sari. Plusieurs architectes, géomètres et certains de
ses anciens collaborateurs, interrogés entre novembre
et décembre 2005, l'ont désigné comme le concepteur
d'un système de contournement des attributions de
permis de construire et d'agréments à l'édification de
bureaux. "J'assume tout ce qui a été fait", a déclaré
au Monde M. Pellerin – qui n'a pas encore été convoqué
par les gendarmes –, invoquant une "interprétation des
règles de l'urbanisme qui allait dans le sens du
progrès" et niant toute "volonté de frauder".

En reconstituant l'entrelacs des complicités qui ont
permis la mise en œuvre de ces fraudes, l'enquête
éclaire les relations – personnelles et financières –
qu'entretint, quinze années durant, le promoteur avec
les plus hauts dirigeants de l'ex-Générale des eaux.
L'ancien directeur des affaires immobilières, Stéphane
Richard (aujourd'hui PDG de Veolia Transports), et
l'ancien président de Vivendi Jean-Marie Messier, ont
été convoqués et placés en garde à vue par les
gendarmes – respectivement les 9 et 20 janvier.

Le 23 février, c'est Guy Dejouany, patron historique
de la Compagnie générale des eaux et parrain de
l'ascension de M. Pellerin au firmament des affaires,
qui a dû répondre aux questions des gendarmes.

Entourés de la plus grande confidentialité, ces
interrogatoires ont porté sur le degré de connaissance
que tous trois avaient des procédés utilisés par M.
Pellerin et ses équipes.

La découverte de cette affaire des mètres carrés
illicites remonte au printemps 2004. Acquéreurs des
tours Egée, Cèdre et Colisée, situées sur la ZAC
Danton, à Courbevoie (Hauts-de-Seine), deux fonds
d'investissements allemands, Kam Am et West Invest,
avaient relevé d'énormes discordances entre les
surfaces autorisées par les permis et les volumes
construits. Les vérifications de la direction
départementale de l'équipement (DDE) concluaient alors
à l'existence de 7993 mètres carrés illicites sur les
trois immeubles – soit 7% du volume autorisé – et les
services du préfet des Hauts-de-Seine assuraient, dans
une note récapitulative, que "l'administration [avait]
été induite en erreur par les demandes de permis
déposées".

"Nous n'avions aucun moyen de vérifier dans le détail
la conformité des bâtiments", explique, penaud, le
chef de la DDE, Jean Guillot. La fraude alléguée a
consisté, dans chacun de ces immeubles de bureaux, à
déduire de la surface hors œuvre nette (SHON) les
locaux techniques inté rieurs, par extension d'une
règle applicable aux seules constructions de
logements. Nombre de dépositions recueillies par les
gendarmes rapportent que les tableaux de calcul
annexés par les architectes aux demandes de permis de
construire étaient "corrigés" en ce sens par les
collaborateurs de M. Pellerin. Aussi l'enquête,
ouverte le 26 juillet 2004 par le procureur de
Nanterre, Bernard Pagès, retient-elle, outre les
infractions au code de l'urbanisme, les qualifications
pénales de faux et usage de faux et d'escroquerie.

Les enquêteurs semblent avoir élargi leur champ
d'investigation à au moins trois autres tours : Adria
(siège du géant de l'audit Ernst and Young), Vinci
(propriété de M. Pellerin lui-même, louée jusqu'à tout
récemment au cabinet d'audit Mazars et Guérard) et
Balzac (dont la société néerlandaise Corio vient de
dénoncer le bail). Sur ce dernier building, le
dépassement avoisinerait 20000 mètres carrés… "Si l'on
examine avec les mêmes critères tous les immeubles de
la Défense, assure l'un des architectes familiers du
quartier, c'est au moins 100000 mètres carrés
frauduleux que l'on va découvrir!"

M. Pellerin va plus loin, assurant avoir "construit au
moins 700000 mètres carrés à la Défense avec le même
procédé", qu'il justifie par l'évolution du marché
après la crise immobilière du début des années 1990 et
le besoin d'une "nouvelle génération d'immeubles,
conçus pour réduire les coûts énergétiques et
améliorer la qualité de l'air". "C'est pourquoi,
plaide-t-il, on a intégré à chaque étage les locaux
techniques d'où est commandée la climatisation, qui se
trouvaient autrefois sur le toit ou au sous-sol – et
dont la surface pouvait, elle, être déduite. Tout le
monde le savait, y compris l'administration."

Le promoteur a fait valoir cet argument dans un
courrier récemment adressé à Nicolas Sarkozy, en sa
qualité de président du conseil général des
Hauts-de-Seine et de l'Etablissement public
d'aménagement de la Défense (EPAD). Il conteste
néanmoins toute manipulation des chiffres et affirme
n'avoir "jamais participé à aucune réunion sur le
sujet avec les architectes des immeubles concernés".

L'attitude de Vivendi est moins combative. Le groupe a
dû racheter – en juin 2004 – 15 millions d'euros de
droits à construire pour compenser les excédents
découverts et la DDE lui a imposé, ainsi qu'aux autres
propriétaires des tours fautives, un redressement
global de 1,7 million d'euros correspondant aux taxes
impayées sur les surfaces dissimulées. Le maire (UMP)
de Courbevoie, Jacques Kossowski, a en outre constaté
l'invalidité des permis de construire, créant une
situation juridique confuse : sauf à démolir, le code
de l'urbanisme ne prévoit aucune possibilité de
régularisation; les tours illicites sont donc
condamnées… à le rester.

Rattrapés par le passé immobilier du groupe, qui
faillit déjà causer sa perte il y a dix ans, les
dirigeants actuels de Vivendi pourraient demander des
comptes à M. Pellerin. Le contrat d'assistance conclu
en 1995 avec sa société, Investissements études et
diversifications (IED), incluait parmi ses missions
"l'optimisation des surfaces" et "l'optimisation des
rendements de plans" – termes qui peuvent
rétrospectivement apparaître ambigus. Le document
précisait que M. Pellerin serait "seul responsable de
toutes les infractions commises par lui-même ou ses
employés (…) et de toutes les conséquences
dommageables (…) susceptibles d'en découler".

Déjà plusieurs fois condamné par la justice, mis en
examen en 2005 pour abus de confiance dans la gestion
de sociétés civiles immobilières, l'ex-roi de la
Défense est une fois encore en position d'accusé.

Hervé Gattegno

18.4.06

Demain à Marseille ?



Ca devait arriver, non ?

Des logements neufs ne trouvent pas de locataires
trouvé dans LE MONDE du 18.04.06
Le phénomène a de quoi surprendre dans un contexte général de pénurie locative : des logements neufs ne trouvent pas preneurs. Mais cet état de fait prévaut bel et bien dans des municipalités de taille moyenne : Dax, Mont-de-Marsan (Landes), Montauban (Tarn-et-Garonne), Tarbes (Hautes-Pyrénées). Sans être cantonné au Sud-Ouest, ce dérèglement des marchés locatifs y semble plus répandu qu'ailleurs. Il reflète les effets pervers de l'amortissement "Robien".
Installé au printemps 2003 par le ministre du logement de l'époque, ce dispositif visait à soutenir l'investissement locatif en accordant des réductions d'impôt aux particuliers qui achètent un bien neuf et le mettent en location pendant au moins neuf ans - sous réserve de ne pas dépasser certains niveaux de loyers. L'objectif a été atteint : en 2005, quelque 65 000 habitations neuves ont été vendues dans le cadre de ce dispositif, selon la Fédération des promoteurs constructeurs (FPC). Les avantages fiscaux ont stimulé l'activité dans le secteur du bâtiment, ce qui explique, en partie, la reprise des mises en chantier (410 000 en 2005, soit le chiffre le plus élevé depuis le début des années 1980).
Quel a été l'impact de l'"amortissement Robien" dans le Sud-Ouest ? Difficile à dire, en l'absence de statistiques. Certains fonctionnaires du fisc s'étonnent de ce "trou noir" qui empêche l'évaluation fine d'un dispositif dont le coût pour les finances publiques n'est pas négligeable (80 millions d'euros en 2004, 190 en 2005, 300 en 2006, d'après des évaluations contenues dans le budget 2006).
DEUX MOIS DE LOYER GRATUITS
Cependant, quelques estimations "au doigt mouillé" circulent. Dans le Tarn, la construction de logements collectifs a été multipliée par deux depuis 2002 par rapport au rythme annuel moyen enregistré sur la période 1995-2000, selon une étude de l'Association départementale d'information sur le logement (ADIL). A Albi, les "résidences locatives" représenteraient 80 % des logements d'un quartier qui a été entièrement créé en deux ans. L'ADIL constate que "les loyers de mise en location des logements de Robien (sont) souvent fixés à un niveau trop élevé". Résultat : "Les bailleurs ont du mal à trouver un locataire." Du coup, tout est bon pour appâter le chaland : deux mois de loyer gratuits, dispense de frais d'agence. Des candidats locataires se sont même vu proposer des bons d'achat dans une grande surface.
Le phénomène est loin d'avoir épuisé tous ses effets dans le Tarn : lorsque les programmes en cours de réalisation seront livrés, souligne l'étude de l'ADIL, "on peut s'attendre (...) à une augmentation de la vacance qui s'accompagnera d'un tassement des loyers". "Une telle évolution est d'autant moins improbable, conclut-elle, que les produits offerts semblent assez mal adaptés à la demande en raison de leur standardisation : beaucoup de deux-pièces et de trois pièces, peu de grands logements."
Ce décalage est déjà visible sur certains territoires. A Mont-de-Marsan et sur l'agglomération de Dax, plusieurs centaines de logements sont inoccupées, parce que le plafond de loyer applicable (9,94 euros du mètre carré) est trop élevé par rapport au profil socio-économique des ménages, analyse Yannick Billoux, directeur de l'ADIL. Dans les Landes, la situation tourne parfois à "l'absurde" avec "des habitations vides à louer et des candidats locataires qui ne trouvent pas de logement adapté à leurs ressources", observe Jean-Claude Courtès, agent immobilier à Mont-de-Marsan. "Nous manquons de HLM", ajoute-t-il.
Roger Metellus, président de la FPC pour la région Midi-Pyrénées, reconnaît l'existence du phénomène dans quelques villes où le marché locatif est "timide". Mais ces difficultés sont "marginales et temporaires", selon lui. A terme, les logements inoccupés trouveront preneurs, pronostique-t-il, quitte à ce que les loyers s'ajustent à la baisse. "N'oublions pas les vertus du dispositif Robien qui a permis de reconstituer l'offre à un moment où les investisseurs institutionnels se désengagent du marché locatif", souligne-t-il.
Il n'empêche : des déséquilibres surgissent, ici et là. A qui la faute ? Denise Pons, présidente de la chambre syndicale des propriétaires des Hautes-Pyrénées, pense que les investisseurs ont leur part de responsabilité, dans la mesure où ils ont souvent "acheté sur plan, sans se préoccuper de la demande locale". "L'amortissement Robien fonctionne à guichet ouvert et n'est soumis à aucune contrainte d'emplacement, analyse M. Billoux. C'est un produit libre, vendu dans une logique de défiscalisation." Les investisseurs ont perdu de vue qu'un bien immobilier exige de raisonner sur "le long terme" et doit "répondre à des besoins", renchérit Jean-Michel Baumevieille, gérant de JMB Immobilier à Millau (Aveyron).
UN RISQUE POUR LES INVESTISSEURS
Pour Jacques Souillé, responsable d'une agence immobilière à Agen (Lot-et-Garonne), certains promoteurs ne sont pas exempts de reproches, car ils ont parfois lancé des programmes sans tenir compte de la demande locative ni "consulter les professionnels locaux". Mais M. Metellus se demande si les municipalités touchées ont bien été "raisonnables" en délivrant, presque concomitamment, des permis de construire à plusieurs opérateurs qui produisaient du "Robien".
En tout cas, certains investisseurs risquent de se sentir floués, surtout s'ils perdent leur avantage fiscal, faute d'avoir pu louer leur logement dans les douze mois suivant l'achèvement. Depuis 2003, une quinzaine de réclamations ont été adressées à des directions départementales de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF) en Midi-Pyrénées. "Les plaintes ont principalement porté sur l'inadéquation entre les arguments verbaux de la vente, basés sur une évaluation prévisionnelle des revenus, et les recettes réelles jugées faibles en raison des difficultés à trouver des occupants", indique-t-on à la DDCCRF de Haute-Garonne.
A terme, certains immeubles pourraient fort bien basculer dans de graves difficultés. Roland Dompeyre, agent immobilier dans le Tarn-et-Garonne, raconte avoir convoqué des réunions de copropriétaires qui ont attiré deux personnes seulement. Les autres copropriétaires, souvent domiciliés à des centaines de kilomètres de là, ne s'étaient pas déplacés. Seront-ils soucieux de leurs biens, scrupuleux sur le paiement des charges ? Comme le dit un fonctionnaire d'une direction départementale de l'équipement, "on peut s'interroger sur le devenir de résidences" construites en "Robien". Le spectre des copropriétés en difficultés n'est pas loin.
Bertrand Bissuel
Pour infos,
Des mesures correctrices
Le projet de loi "portant engagement national pour le logement", débattu en seconde lecture par les sénateurs, prévoit plusieurs mesures pour corriger les dérives de l'amortissement Robien.
Le "Robien recentré". L'un des trois loyers-plafonds va être revu à la baisse (- 20 %) ; un certain nombre de villes se verront appliquer de nouveaux loyers-plafonds, décotés, là aussi, de 20 %.
Le "Borloo populaire". Il prévoit un échéancier d'amortissement identique à celui du "Robien recentré" (50 % sur neuf ans) et permet à l'investisseur de prolonger la location et l'avantage fiscal sur deux périodes de trois ans, à raison de 2,5 % l'an. Les loyers-plafonds seront inférieurs de 30 % à ceux du marché.

12.4.06

Grues !

Parait-il que jamais il n'y a eut autant de grues à Marseille en ce moment... La municipalité a l'air de s'en réjouir ! Soit, mais s'il est sur que cela prouve que le bâtiment va bien, rien n'est moins sur pour la ville et encore moins pour l'architecture... Combien de ses grues construisent une architecture de qualité ?
Au moins, ces grues là n'attendent pas les architectes...

10.4.06

Paulo Mendes da Rocha, Pritzker Prize 2006

L’architecte brésilien, Paulo Mendes da Rocha, agé de 77 ans, né le 25 octobre 1928 vient d’être déclaré lauréat du Pritzker Prize 2006. Auteur du pavillon du Brésil à l’exposition internationale d’Osaka au Japon en 1969, il fera partie en 1971, des trente finalistes pour la conception du centre Georges Pompidou. ( Paris) Il est le deuxième architecte brésilien, après Oscar Niemeyer ( en 1988 ), à recevoir cette distinction qui consacre l’oeuvre d’un architecte. En France, seul Christian de Portzamparc, a mérité cet honneur.


(musée Brésilien des Beaux-arts à Sao Paulo - 1996)

6.4.06

Architecture marseillaise engagée

Une ballade, une photo !
merci LB pour ta curiosité militante...

Les tours pas très écolos ?

Trouvé sur cyberarchi.com, l'avis d'un écolo sur l'hypothétique retour de tours en France et notamment à Paris... bon ça à le mérite de clarifier la position des antis... Maintenant, ça vaut ce que ça vaut et ça propose pas grand chose quand même... allez bonne lecture, camarades !
Contre des tours à Paris : les Verts présentent leurs arguments
Le groupe Verts au conseil de Paris s’inscrit résolument contre tout projet de construction de tours dans la capitale. Jean-François Blet, élu Verts du XIXème arrondissement et membre du groupe Verts au Conseil de Paris, présente dans CyberArchi les principaux arguments de cette opposition.
«L’aménagement de la couronne de Paris, où vivent 200.000 Parisiens, devait être un projet phare de la mandature. L’enjeu de l’aménagement du secteur Paris Nord Est, aujourd’hui en déshérence, et l’opération d’aménagement «Clichy Batignolles» est fondamental pour Paris. Délaissés par les mandatures précédentes, ces territoires vont enfin être requalifiés. Nous nous en réjouissons. Mais quels sont les problèmes posés ? Que découvre-t-on au fil des projets des Grands Projets de Renouvellement Urbain (GPRU) et de secteurs d’aménagement ? Des immeubles résidentialisés et des projets de tours de bureaux.»«Le programme de l’équipe Dusapin envisage une quinzaine de tours à l’emplacement du stade des Fillettes et une à deux tours près de la gare Dubois, Porte de la Chapelle. Or, le vœu voté en novembre 2003 par le Conseil de Paris précisait que le prochain Plan local d’urbanisme (PLU) respectera la servitude existante de limitation du plafond parisien à 37 mètres. Certes, le projet Dusapin a été rendu avant l’adoption de ce vœu mais, dorénavant, la règle actuelle doit être respectée et non transgressée.»«Comment justifier le retour des tours à Paris ? L’argumentaire selon lequel «Paris n’est pas assez étendue pour recevoir tous les programmes de logements, d’équipements et d’activités nécessaires à son développement et doit être en phase, en émulation, avec les grandes métropoles internationales sur le plan architectural» est des plus spécieux.»«Paris a vécu une première phase de construction de tours dans les années 50, 60 et 70. Cette première phase a été très mal perçue par les Parisiens, et plus largement par les Français, qui ont déploré cet urbanisme à dimension inhumaine. Aussi, lorsque Bertrand Delanoë, maire de Paris, évoque la possibilité de revenir sur l’interdiction de construire des tours à Paris, les réactions d’enthousiasme ne furent guère nombreuses si ce n’est chez les architectes, et encore pas tous, et chez les promoteurs avides de profits juteux. Les Parisiens, dans leur grande majorité, sont en effet hostiles aux tours.»«En guise de concertation, furent organisées il y a trois mois au pavillon de l’Arsenal une exposition publique rendant compte de vagues intentions d’aménagement et une réunion publique où seuls des architectes et urbanistes favorables au retour des tours furent invités à s’exprimer. Ce type de concertation bidon est un marché de dupe. Pourquoi n’y a-t-il pas eu de réunions publiques pour montrer les propositions concrètes des architectes ? Selon les comptes rendus du comité de pilotage, cette possibilité fut évoquée mais refusée. De telles méthodes sont révélatrices d’un mépris certain pour la démocratie participative.»«Par ailleurs, Bertrand Delanoë affirme qu’il n’y aura pas de quartiers de tours. Or, il y a déjà deux tours Porte de la Chapelle. Si l’on n’en rajoute une, deux ou trois, cela fait trois, quatre ou cinq. A partir de combien de tours a-t-on un quartier ? Si l’on voulait réellement requalifier la Porte de la Chapelle, ce n’est pas en ajoutant des tours, c’est en démolissant les tours actuelles et en engageant une véritable opération de renouvellement urbain. Le renouvellement urbain est censé réparer les erreurs du passé, pas les reproduire.»«Se lamenter sur l’exiguïté du territoire parisien pour justifier la construction de tours n’a pas de sens. Paris est la ville la plus dense d’Europe et l’une des villes les plus denses du monde. Paris a une densité deux fois supérieure au centre de Tokyo. Le 11ème arrondissement avec 40.000 habitants au km² est l’une des zones les plus densément peuplées du monde juste derrière le quartier central de Hong-Kong. Qui plus est, la baisse de la population parisienne est jugulée, certaines hypothèses démographiques envisageant même une hausse de la population pour les vingt prochaines années. En outre, la densité bâtie ne cesse d’augmenter, avec une hausse de la surface bâtie de 4 millions de m² depuis dix ans. Justifier la construction de tours en affirmant qu’elles permettront la réalisation d’espaces verts, équipements et logements relève ainsi d’une falsification perverse.»«Les tours ne sont pas une réponse à la requalification de la ceinture périphérique. Le périphérique rend effectivement très difficile le traitement et l’utilisation de ses abords immédiats. Le meilleur remède reste la couverture. Un mur continu de constructions aurait également un effet certain mais cela n’est pas souhaitable. Les tours laissent des espaces entre elles. Elles n’isolent ainsi que très partiellement des nuisances du périphérique. Une autre solution fut adoptée sur de nombreux secteurs en implantant des équipements sportifs. Une bande d’une centaine de mètres située en bordure immédiate du périphérique trouvait ainsi une utilité tout en séparant le périphérique des territoires urbanisés.»«Les emprises disponibles pourraient fort bien accueillir des équipements et des jardins, ce qui permettraient de réaffirmer la vocation initiale de «ceinture verte» de ces espaces. Or, le projet du PLU est de dédier ces espaces à l’activité économique. Ainsi, la seule raison d’implanter des tours Porte de la Chapelle est de rentabiliser les terrains municipaux.»«Selon le projet Dusapin, 10% des surfaces seulement devraient ainsi être allouées au logement. Certes, la proximité du périphérique restreint les possibilités mais une répartition plus équilibrée entre les différentes fonctions est tout à fait envisageable. Sur Clichy Batignolles, secteur également adossé au périphérique, le projet retenu prévoit de réserver au logement 30% des surfaces. A Paris Nord Est, c’est l’activité tertiaire qui prime. Qui plus est, les projections effectuées ne prennent pas en compte les quelques 100.000 m² de bureaux en construction sur le parc du Millénaire et les 80.000 m² déjà réalisés de l’espace Pont de Flandres, deux opérations situées sur le périmètre du secteur. Si l’on additionne les 380.000 m² de bureaux envisagés sur le secteur Paris Nord-Est, Parc du Millénaire et Espace Pont de Flandres inclus, au 210.000 m² du secteur Clichy Batignolles, on atteint 600.000 m² de bureaux, soit 85 % de la surface de bureaux programmée sur la ZAC Paris Rive Gauche.»«Pourquoi aller à l’encontre des objectifs de mixité affichés par une des grandes lois fondatrices du précédent gouvernement, la loi SRU ? Comment justifier de telles orientations, qui relèvent du plus archaïque zoning et d’une conception égoïste, parisiano-parisienne de l’aménagement ? Pour des raisons pécuniaires. On développe une offre pour espérer engranger les dividendes de la taxe professionnelle au détriment d’un aménagement équilibré qui prenne en compte la crise du logement sans précédent que connaît Paris. Le chômage parisien touche principalement les emplois peu qualifiés, peu concernés par le développement de l’activité tertiaire. En outre, avec 32 millions de m² de surface, Paris et la petite couronne ont déjà le parc de bureaux le plus important d’Europe devant le Grand Londres et l’un des plus importants du monde équivalent à celui de Manhattan. Le développement massif de l’immobilier de bureaux ne peut être perçu comme une priorité fondamentale pour l’économie parisienne.»«Construire de nouvelles tours reviendrait en fait à engager Paris sur la voie du conformisme et de la banalisation. Dans toutes les grandes métropoles, on retrouve en effet les mêmes tours réalisées par les mêmes architectes. Tokyo, Pékin, Shanghai, Taïpeh, Londres et Francfort où fleurissent les immeubles de grande hauteur sont-ils des exemples à suivre en matière d’urbanisme et d’architecture ? Devons-nous nous lancer dans une course infantile à la tour et à la verticalité avec ces métropoles pour savoir qui a la plus belle et la plus grande ?»«En outre, une notion très contemporaine, très moderne, souvent récupérée et dévoyée, est celle de développement durable. De part leur coût de construction, leur coût de gestion et leur coût d’entretien, sans parler de l’ombre qu’elle crée, les tours sont des bâtiments intrinsèquement anti-écologiques. Certes, Norman Foster se targue d’avoir construit à Francfort une tour ‘écologique’. On peut en effet y ouvrir les fenêtres, grand progrès, et le système thermique serait performant. Toutefois, cela reste bien insuffisant pour rivaliser en terme de performances énergétiques avec un immeuble de taille modeste, bien isolé, et utilisant l’énergie solaire.»«Le comité international olympique qui a le sens de certaines valeurs ne s’y est d’ailleurs pas trompé et refuse que soient implantées des tours sur le secteur du Village Olympique. Les deux tours ne pousseraient ainsi que passée la trêve olympique de 2012. A l’esprit des jeux succèdera le cynisme. La tour est le symbole de la banalisation internationale du paysage urbain, la mondialisation libérale appliquée à l’architecture.»«Or, une autre architecture, un autre urbanisme sont possibles. Les plus grandes réussites architecturales de ces dernières années, que ce soit le musée Guggenheim de Franck Gehry à Bilbao ou le grand magasin Selfridges de l’agence Future System à Birmingham ou le Millenium de Foster à Londres ne sont pas des tours. A Paris, quelles sont les plus belles réalisations des dernières décennies ? L’Institut du Monde Arabe de Jean Nouvel, la Cité de la Musique de Christian de Portzamparc ou les Folies de Tschumi à la Villette. Autant de réalisations qui respectent la morphologie parisienne. Certes, New York est une ville magnifique mais la verticalité constitue sa spécificité, à l’opposé de Paris qui est universellement apprécié, aimé pour son tissu urbain hérité du XIXème siècle et ses hauteurs modérées. Serait-ce parce que Venise est aussi une ville magnifique que nous devrions remplacer les axes rouges et les Grands Boulevards par des canaux ? Respectons Paris et son histoire. Nous pouvons être modernes sans être conformiste. Enfin, en autorisant la construction de tours, nous ouvririons une brèche dans laquelle ne manquerait pas de s’engouffrer l’ensemble des communes de l’agglomération, ainsi que les prochaines mandatures.»«Paris reste, dans la majorité de ces quartiers à l’exception notoire des quartiers de grands ensembles, une ville agréable car elle a su conserver un tissu urbain constitué et cohérent et non céder aux sirènes d’une pseudo modernité symbolisée par les tours ; ces tours qui déstructurent l’espace urbain en niant cet élément intégrateur, vecteur de lien social, qu’est la rue. Toutes les études l’attestent : on vit mal dans les tours. Les sentiments d’anonymat, d’enfermement et de relégation y sont exacerbés. En outre, les coûts d’entretien sont faramineux, faisant ainsi peser des charges extrêmement lourdes pour les locataires. Le surcoût est de 30%.» «Si l’urbaniste et philosophe Paul Virilio considère le retour des tours comme une catastrophe, c’est qu’il estime que «partout, dans les grandes cités mondiales, nous assistons à des tours de plus en plus élevées qui s’élèvent au milieu des bidonvilles». Et il ajoute, prophétique : «si on a envie de faire la même chose à Paris, on n’a qu’à continuer comme ça».»

5.4.06

Dédicace aux architectes...étudiants !

ETUDIANT POIL AUX DENTS
par Renaud
tiré de l'album: Un Olympia pour moi tout seul
en écoute gratuite et légale sur :
http://www.radioblogclub.com/
Boutonneux et militants
Pour une société meilleure
Dont y s'raient les dirigeants
Où y pourraient faire leur beurre
Voici l'flot des étudiants
Propres sur eux et non-violents
Qui s'en vont grossir les rangs
Des bureaucrates et des marchands
Etudiant poil au dents
J'suis pas d'ton clan pas d'ta race
Mais j'sais qu'le coup d'pieds au cul
Que j'file au bourgeois qui passe
Y vient d'l'école de la rue
Et y salit ma godasse
Maman quand j's'rais grand
J'voudrais pas être étudiant
Alors tu seras un mois que rien
Ah oui ça j'veux bien
Etudiant en architecture
Dans ton carton à dessin
Y a l'angoisse de notr'futur
Y a la société d'demain
Fais-les nous voir tes projets
Et la couleur de ton béton
Tes H.L.M. sophistiqués
On n'en veut pas nous nos maisons
On s'les construira nous même
Sur les ruines de tes illusions
Et puis on r'prendra en main
Quoi donc ? L'habitat urbain
Je sais ça t'fait pas marrer
J'pouvais pas m'en empêcher

Maman quand j's'rais grand
J'voudrais pas être étudiant
Ben alors qu'est-ce que tu veux faire ?
Je sais pas moi gangster
Etudiants en médecine
Tu vas marner pendant sept ans
Pour être marchand d'péniciline
Tes saloperies d'médicaments
Aux bourgeois tu r'fileras
Des cancers à tour de bras
Et aux prolos des ulcères
Parc'que c'est un peu moins cher
Et l'tiers-monde qu'a besoin d'toi
Là c'est sur que t'iras pas
Malgré tous ceux qui vont crever
T'oublieras que j'ai chanté
La médecine est une putain
Son maquereau c'est l'pharmacien
Maman quand j's'rais grand
J'voudrais pas être étudiant
Ben alors qu'est-ce que tu veux être ?
Je sais pas moi poète
Etudiant en droit
Y a plus d'fachos dans ton bastion
Que dans un régiment d'paras
Ça veut tout dire eh ducon !
Demain c'est toi qui viendras
Dans ta robe ensanglantée
Pour faire appliquer les lois
Que jamais on a voté
Ta justice on en veut pas
Pi si tu finis notaire
P't'être qu'on débarqu'ra chez toi
Pour tirer les choses au clair
Et tant pi s'il est pas là
Maman quand j's'rais grand
J'voudrais pas être étudiant
Ben alors qu'est-ce que tu veux faire ?
Je sais pas moi infirmière
Etudiant en que dalle
Tu glandes dans les facultés
T'as jamais lu l'Capital
Mais y a longtemps qu't'as pigé
Qu'y faut jamais travailler
Et jamais marcher au pas
Qu'leur culture nous fait gerber
Qu'on veut pas finir loufiats
Au service de cet Etats
De cette société ruinée
Qu'des étudiants respectables
Espèrent un jour diriger
En trapinant dans leurs cartables
La conneries de leurs aînés
Maman quand j's'rais grand
J'voudrais pas être étudiant
Alors tu s'ras un moins que rien
Ah oui ça j'veux bien

4.4.06

Autocongratulation architecturale ?



ouais ou branlette pseudo-intelectuelle. De toutes manières, à l'Ordre, on y va que pour les apéros... et encore quand c'est une entreprise qui paie !

30.3.06

Castro président...

L'architecte Roland Castro, candidat à la présidentielle de 2007, a accusé jeudi le gouvernement d'avoir commis un "forfait" en instituant le CPE, notamment parce que la mesure ne figurait pas dans le programme de Jacques Chirac en 2002. Lors d'une conférence de presse, le président du Mouvement de l'utopie concrète a dénoncé "une mesure anxiogène", "non prévue dans le programme de Jacques Chirac et peu conforme aux 82% de ses votants" du deuxième tour de 2002. Roland Castro, qui emploie dans son atelier d'architecte 25 salariés, a ajouté qu'il n'avait "jamais employé quelqu'un pour l'observer pendant deux ans". Evoquant la présidentielle, M. Castro a regretté que la gauche ne l'ait "pas invité" à ses récentes réunions unitaires. Il a proposé que "les partis de gauche, les gaullistes égarés" (qu'il n'a pas identifiés), "les syndicats et les associations" créent ensemble un "Lieu unique pour élaborer un projet commun" visant à "refaire la société". Il s'est dit favorable au "vote des étrangers" et au "service civique obligatoire pour les garçons et les filles de 18 ans" pour empêcher le communautarisme et "l'apartheid urbain". M. Castro, qui continue de mener campagne pour obtenir des parrainages, a affirmé avoir déjà recueilli plus de 70 signatures sur les 500 requises. Il a souligné toutefois qu'il ne "s'obstinerait pas" à maintenir sa candidature s'il se rendait compte, au regard des sondages, qu'elle aboutirait à un nouveau 21 avril 2002, où la gauche avait été évincée du 2e tour de la présidentielle au profit du leader du FN, Jean-Marie Le Pen.

Encore une fois, Gaudin ne comprend rien à l'architecture !

28.3.06

Rennes s'offre un complexe culturel


D'un coût de 105 millions d'euros, le bâtiment, conçu par Portzamparc, rassemble des services déjà existants.
Maintes fois repoussé, le jour tant attendu est arrivé. L'ambitieux complexe culturel rennais des Champs-Libres, réunissant bibliothèque, musée de Bretagne et centre de culture scientifique et technique, ouvrira ses portes au public mardi. Que faut-il en penser ? Ou, plus crûment, à quoi ça sert ? A la première visite, l'impression est mitigée. Le bâtiment, signé Christian de Portzamparc, ne manque pas de caractère, mélangeant formes, matières et espaces avec audace, voire témérité.

Pyramide. Partant du principe qu'il fallait que «chacun ait sa maison» tout en créant une unité, le concepteur de la Cité de la musique à Paris a réuni trois formes pour les trois institutions présentes. Une pyramide de verre inversée haute de 35 mètres pour la bibliothèque, un cône coiffé d'un dôme recouvert d'écailles de zinc pour l'espace des sciences, ces deux entités traversant la troisième : un large parallélépipède rectangle «flottant au-dessus du rez-de-chaussée», où sont déployées les collections du musée de Bretagne.

Cet étonnant pari architectural en éclipserait presque le contenu. Celui-ci réserve moins de surprises, n'était un petit joyau muséographique situé au sixième étage de la bibliothèque (avec vue imprenable sur la tour de la Sécu) : les collections de l'écrivain Henri Pollès, dont les pièces de la maison-musée ont été fidèlement reconstituées. Du bureau à la chambre chinoise, jusqu'à la salle de bains 1920, ce n'est que profusion de livres, cartes postales, collages, statuettes et autres bibelots composant un véritable hymne, à la fois romantique et surréaliste, à la gloire de la littérature et du monde des arts du deuxième tiers du XXe siècle.

Autre point fort : le parti pris de placer dès le rez-de-chaussée une bibliothèque pour la jeunesse et le Laboratoire de Merlin qui, avec une trentaine de manipulations, permet d'ouvrir ses sens à des phénomènes physiques simples.

L'espace transversal dédié à l'histoire de la Bretagne, du paléolithique à nos jours, est plus inégal. Et le «parcours ouvert tel une promenade dans la ville» imaginé par Elizabeth de Portzamparc, épouse de l'architecte, mélangeant niches didactiques et présentation d'objets, ne convainc pas toujours, notamment dans sa partie la plus contemporaine retraçant les us et coutumes de la région sous forme d'un tracteur ou de filets de pêche. A noter un espace consacré à l'affaire Dreyfus dont le procès en révision eut lieu à Rennes en 1894.

A l'aise. Pour le reste, à l'étroit dans ses anciens locaux, la bibliothèque municipale trouve ses aises sur les six étages de la pyramide. Mention spéciale également à l'exposition permanente de l'Espace des sciences, consacrée à l'histoire géologique de la région, avec dent de requin géant et tête de fémur de mammouth retrouvée au mont Dol.

Mais fallait-il dépenser autant (105 millions d'euros) pour un équipement qui ne fait que rassembler des services déjà existants ? Les avis resteront sans doute partagés. En tout état de cause, comme l'a souligné Edmond Hervé, maire de Rennes depuis 1977 et président de l'agglomération, une «période de rodage» sera nécessaire pour que le public s'approprie ce bâtiment aux proportions intimidantes. Avec le métro Val, inauguré en 2002, ce sera une des plus importantes réalisations de ses différents mandats.
Par Pierre-Henri ALLAIN
samedi 25 mars 2006
Et à Marseille... rien !

23.3.06

Trop moche architecture marseillaise

Les buses d'or (suite...)
Vous avez été très nombreux à nous demander des photos des quatre nominés, alors les voilà :


Les archives et la bibliothèque départementales, par Vezzoni pour le Conseil Général des Bouches-du-Rhône nominée pour sa forme incroyable et la qualité des matériaux !

La gare Maritime par Lanoire et Courrian pour le Port Autonome de Marseille nominé pour s’être montré à la "hauteur" de son site et pour ses accès qui s'annoncent déjà très pratiques !

L’immeuble de logements 214-216 avenue du Prado par Poissonnier et Ferran, pour Kaufman and Broad nominé pour la générosité des ouvertures et la subtile utilisation de la pierre!

Le collège Jean-claude Izzo, par Lacube et Redondo pour le Conseil Général des Bouches-du-Rhône nominé pour le nombre exceptionnel de matériaux utilisés et l'imaginaire portuaire assumé !

Allez vite, il vous reste quelques jours seulement pour vous exprimer et choisir le "vainqueur"...

Quelles sont les orientations prises par la création architecturale ?

Voici une proposition de classement de la création architecturale contemporaine trouvé sur le site archicool.com.
Comme tout classement, il n’est valable que tant que l’on peut y faire entrer l’ensemble des protagonistes.
Première tendance “Le pinacle de l’inutile.” C’est joli, mais c’est de la frime gratuite !
Première tendance, le dépassement technologique et l’industrialisation des matériaux du bâtiment, ajoutés à l’ambiguïté de la maîtrise d’ouvrage d’équipements publics et privés, voulant se démarquer par une spectacularisation médiatique de leurs édifices. C’est l’ère du pinacle de l’inutile, du porte à faux outrancier, et de la course à la hauteur sans fins. Le programme, est un prétexte à l’événement qui consiste à appliquer, le premier, les possibilités techniques de nouveaux matériaux.
Deuxième tendance; “ les plus jolis boîtes du monde.” Ici, pas de revendication sociale ou démonstratrice, simplement la volonté de dessiner le plus bel emballage du monde, cette tendance servie par de véritables Stradivarius de l’architecture, dont certains numérotent leurs bâtiments comme d’autres inventorient les oeuvres des musiciens. Il s’agit donc d’une revendication d’artisanat du luxe, du luxe du packaging. Tendance aussi amorale ( le programme importe peu) que la première, mais plus inoffensive, plus neutre.
Troisième tendance, “les expériences uniques,” qui transforment la vie de ses spectateurs. Les oeuvres qui visent à établir un avant, et un après. Ces oeuvres, prennent en compte l’environnement historique vécu. Elles écrivent des pages du temps présent de l’architecture. Au risque de prendre la place des historiens. Puisque de manière à peine déguisée, leurs auteurs revendiquent eux mêmes, d’être l’histoire de l’architecture, et de la décréter.
Quatrième tendance. Les marqueurs “sociologiques”. Ils utilisent l’architecture comme marqueur d’une théorie sociale ou contemporaine, de la ville, de l’urbanité, du devenir du genre humain dans le genre urbain. Sans doute la tendance la plus intéressante, parce qu’elle investit et transgresse les autres disciplines allant de l’économie à la sociologie. A l’heure de la mondialisation, on y trouve donc, par exemple, l’application du “générique.” A la fois constat, avertissement, et marquage, stigmatisation d’une réalité. Une mise devant le fait accompli.
Autant les trois premières tendances visent la contemplation, et l’exploitation médiatique d’oeuvres objets, sans questionnement social et philosophique. Autant la quatrième tendance provoque le débat de société. elle est donc la seule réellement contemporaine.

22.3.06

Bouygues, Eiffage et Vinci punis. A quand le ménage dans les BDR?

Mais, qu'est-ce que c'est que ça? Alors on se fait du
beurre sur le dos du contrbuables? Pas bien ça.

34 entreprises de BTP sanctionnées pour entente.
ans une décision publiée mercredi 22 mars, le Conseil
de la concurrence a infligé une amende de 48,5
millions d'euros à trente-quatre entreprises du
bâtiment et travaux publics (BTP) d'Ile-de-France. Les
trois principales, Bouygues (10,5 millions d'euros),
Vinci (6,62) et Eiffage (2,43), sont - directement ou
via leurs filiales - les plus sévèrement sanctionnées,
le conseil les considérant comme les organisatrices de
cette "entente généralisée".

Les faits, qui remontent à la période 1991-1997, ont
consisté à se partager d'importants marchés de travaux
publics, comme la construction du RER E ou de la ligne
14 du métro, les travaux du syndicat
interdépartemental d'assainissement de l'agglomération
parisienne (Siaap), la couverture de l'autoroute A1,
etc. " Le partage reposait sur un système
particulièrement élaboré de répartition (...), avec la
comptabilisation des avances et retards de chaque
entreprise, des systèmes de compensations", souligne
le communiqué, qui condamne l'utilisation d'un
logiciel spécifique baptisé Drapo. Le conseil estime
le préjudice à environ un milliard d'euros.

Ces pratiques avaient fait l'objet de procédures
pénales, qui n'ont pas abouti en raison de la
prescription de l'action publique. Le conseil s'est
alors auto-saisi et a pu récupérer une partie du
dossier pour démonter ces ententes.

Face à la gravité des pratiques révélées par
l'enquête, les amendes peuvent paraître légères (en
regard des 534 millions d'euros auxquels ont été
condamnés, en novembre 2005, les opérateurs de
téléphone mobile). Elles correspondent au maximum
prévu à l'époque des faits par la loi qui, avant 2001,
plafonnait les amendes à 5 % du chiffre d'affaire
national. Depuis, la loi sur les nouvelles régulations
économiques (NRE) a porté le plafond à 10 % du chiffre
d'affaire national ou international. Le secteur du BTP
a été, en 2005, épinglé à sept reprises par le conseil
de la concurrence.

(source Le Monde)

20.3.06

Les déboires de l'"expo Villepin", prévue au Grand Palais

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas, hein Dominique ?
EXPOSITION "LA FORCE DE L'ART"
Le 10 octobre 2005, inaugurant la Foire internationale d'art contemporain (FIAC), le premier ministre, Dominique de Villepin, avait annoncé avoir chargé le ministère de la culture et de la communication d'"organiser au Grand Palais une grande exposition consacrée aux artistes français contemporains" afin de "donner une nouvelle visibilité à la création française". Baptisée "La force de l'art", cette exposition doit avoir lieu sous la verrière du 9 mai au 15 juin. Elle pourrait être la première édition de ce qui serait appelé à devenir une triennale, dont les éditions suivantes ne se tiendraient pas nécessairement au Grand Palais.
Le commissariat général de "La Force de l'art" a d'abord été proposé à Jean-Louis Froment, ancien directeur du Centre d'arts plastiques contemporain (CAPC) de Bordeaux, qui a décliné l'offre en raison de la brièveté des délais. Catherine Millet, directrice de la revue Art Press, a refusé pour la même raison.
Olivier Kaeppelin, qui dirige la délégation aux arts plastique du ministère de la culture, a alors opté pour la solution collégiale. Il a désigné quinze commissaires, chacun ayant l'entière responsabilité d'un espace de 400 m2. Ces commissaires sont des responsables d'institutions, des conservateurs, des critiques, tels Paul Ardenne, Richard Leydier ou Eric Troncy.
On y trouve aussi un artiste, Xavier Veilhan, qui concevra un espace pour une histoire de la statuaire qui commencerait à Louis XIV.
Les femmes sont très minoritaires - trois sur quinze -, les étrangers absents, à l'exception de Lorand Hegyi, directeur hongrois du Musée d'art moderne de Saint-Etienne. La répartition a cherché un équilibre entre les générations et entre les préférences artistiques.
DANS L'URGENCE
Un "comité de réflexion" où figurent Catherine Millet, Patrick Bongers (président du Comité professionnel des galeries d'art) et Henry-Claude Cousseau (directeur de l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts) a été adjoint aux commissaires. La sélection est annoncée comme "évidemment pas exhaustive". Ces précautions n'ont pas empêché le début d'une polémique, entretenue par les rumeurs d'absence d'artistes renommés : Sophie Calle, Martial Raysse, Claude Viallat ou Raymond Depardon. Des listes d'élus et d'exclus circulent, ainsi que des chiffres : cent soixante-dix artistes auraient été retenus, il y aurait cinq ou six oeuvres produites pour l'occasion. Une première réunion des commissaires doit avoir lieu le 23 mars.
La date est tardive, pour une exposition censée ouvrir un mois et demi plus tard. D'autres données sont aussi surprenantes. Des 2 millions d'euros prévus au budget, 600 000 font encore défaut aujourd'hui. Ils devraient être donnés par des mécènes. La production de la manifestation a été confiée à la Réunion des musées nationaux, contrainte de travailler dans l'urgence et dans un domaine - l'art actuel - dont elle n'est pas spécialiste.
En s'installant au Grand Palais, "La force de l'art", vite surnommée "expo Villepin", s'inscrit dans la filiation de l'"expo Pompidou" : en 1972, soixante-douze artistes avaient été réunis à l'initiative du président de la République d'alors. Elle a laissé un grand souvenir en raison des polémiques qu'elle avait suscitées et d'une inauguration sous la surveillance des CRS.
Philippe Dagen
(source Le Monde)

19.3.06

Ironique CPE !

Les architectes marseillais sont-ils contre le CPE ?



Certainement, car pour des architectes, apprentis patrons, habitués depuis des lustres à employer des petites mains Freelance ou des étudiants stagiaires très très longues durées dans des zones franches, le CPE représenterait presque un progrès social sortant du Moyen-âge les rapports sociaux dans l'architecture !!!

16.3.06

Next !

Xavier Babikian, nouveau président du Syndicat des Architectes des Bouches-du-Rhône...
Félicitations, et maintenant :
Nouvelles générations ? Nouvelles envies ? Nouveaux horizons ?
à suivre...

6.3.06

Benvenuto Massimiliano !

C’est l’équipe composée de Cogedim – Fuksas – Desvignes – Mathoulin – AB - Leroux - Crédit Agricole qui a été retenue pour réaliser le projet Euromed Center, situé au nord du quartier de la Joliette, à Marseille et qui comporte un ensemble hôtel/centre de convention 4 *, environ 45 000 m² de bureaux, un cinéma multiplex ainsi que des commerces en liaison avec un parc urbain de plus d’1 hectare de superficie. Cette équipe aura pour mission de réaliser l’ensemble architectural et de coordonner la programmation entre les différents équipements. Cette opération représente 300 M€ d'investissements privés, le projet final devrait être livré en 2008.Lors de la phase précédente, en novembre 2005, outre l’équipe Cogedim/Crédit Agricole, les équipes qui avaient été présélectionnées étaient : Vinci -J.-P.Viguier-Vezzoni-Archimed-Niez-Schmidt - Carlyle Group et Icade - Dusapin-Leclerq-Mateo-Marciano-Mazas - CDC-Icade Pimonts.


« Nous nous sommes interrogés sur notre capacité à instaurer un dialogue avec ce site reçu en héritage. La ville environnante nous a inspiré : Un grand mélange de formes, de choses, de personnes, de possibilités, d’architectures souvent régies par la discordance.La stratification et la complexité des styles et des modes de vie créent la magie de la discordance. La ville est perçue comme un monde en perpétuel mouvement où rien ne doit jamais s’arrêter. La mobilité des personnes, la permanence de la communication, l’évolution continuelle de la perception de l’environnement, sont des vecteurs qui façonnent la ville et qui participent à l’urbanité vécue et projetée.
Mais, au-delà de la réalité, au-delà des contraintes, il faut doter un projet d’une dimension poétique.L’idée formelle régissant notre intervention est de traduire le mouvement, le devenir d’une ville à travers la manipulation des volumes de ses bâtiments, comme dans une recherche d’un jeu spasmodique avec la lumière.
De ce jeu émergent des volumes, ou plutôt des masses, comme érodées par l’eau et par le vent. Les bâtiments que nous avons conçus sont faits non pas pour être contemplés mais pour être parcourus comme des morceaux de ville. Nous avons, dans le respect des surfaces demandées et des limites de hauteur des bâtiments imposées par le PAZ, travaillé sur la création d’un véritable signal urbain, en réponse aux volumes du silo.Les bâtiments prennent pied sur un sol largement occupé par la végétation et ponctuée d’eau. Ce sol se densifie vers le minéral, là où les besoins en trafic sont les plus importants. Les arbres, la végétation et l’eau participent au microclimat qui apportera de la qualité de vie au quotidien. »
« Dans cette ville éternelle, dans toute sa complexité, avec ses tensions, ses contradictions, son passé et son avenir, il y a une magnifique matière pour doter ce lieu d’une nouvelle géographie porteuse d’une nouvelle identité. L’architecture est aussi émotionnelle. Car elle se préoccupe de l’homme, puis de son économie. La réalité est la conjugaison des deux. Le résultat est la géographie. La première chose que doit faire un architecte est de fabriquer un paysage, une géographie, car c’est la géographie qui dote le lieu physique de son identité.La réponse du projet dans ce cas ne peut pas être de l’ordre du « design » ou du «maquillage» urbain.L’étude de son fonctionnement, le positionnement de ses accès, son orientation urbaine, sa lisibilité morphologique sont des enjeux importants afin que ce quartier ne soit pas conçu comme un énième îlot isolé et introverti qui se juxtapose ou s’ajoute à la ville, mais qu’il devienne un véritable « générateur d’urbanité ». La complémentarité, voire la complicité entre les espaces extérieurs et intérieurs est primordiale. Ce sont ces cheminements verdoyants qui guident les visiteurs et les utilisateurs vers les différents bâtiments, vers les différents lieux d’activité. Les halls des immeubles de bureaux, le lobby de l’hôtel, l’accueil du Centre de Convention ou encore le hall d’accueil du multiplexe relient le Boulevard de Dunkerque au mail et au Jardin d’Arenc. »
(M. Fuksas)

Plus d'images, là :

http://www.europaconcorsi.com/db/pubrec/architecture.php?id_scheda=3968&idimg=24116

1.3.06

Et pendant ce temps là à Marseille...

Et pendant ce temps là à Marseille... on détruit des cabanons !
Plus de Flots Bleus... une petite larme, un peu de nostalgie, allez zou, une photo souvenir !
Oh Zizou, que font-ils de ta ville ?

Biennale de Bordeaux : urbanisme, architecture et design en débat

Du 3 au 5 mars, la capitale bordelaise organise la seconde édition de la biennale «Agora». Trois jours pour débattre du changement des villes avec des urbanistes, de l’évolution du logement avec des architectes, et de l’usage moderne du mobilier avec des designers.
Ce week-end, Bordeaux fête l’urbanisme, l’architecture et le design sur les quais de la Garonne. La ville a fait appel aux architectes Jacques Ferrier, Philippe Gazeau et Louis Paillard (FGP(a)), associés à Franck Tallon, pour être les commissaires de la seconde édition d’ «Agora». Cette biennale, qui a pour thème «En ville comme à la maison», s’adresse au grand public.

L’objectif, à travers l’exposition de projets, la projection de films, et l’organisation de débats, est de «rapprocher les problématiques soulevées dans la conception des espaces domestiques (y compris le design des objets), et celles des urbanistes intervenant sur l'agencement des villes».


Urbanisme
L’architecte Bruno Fortier et le paysagiste Michel Desvigne expliqueront le projet d’aménagement de la rive droite de Bordeaux avec son grand parc, depuis le débouché du pont Bacalan-Bastide jusqu’au futur pont Jean Jacques Bosc, dont ils sont les concepteurs. A l'appui, la grande maquette de cette «forêt habitée».

Architecture
Une grande exposition sur le logement présentera les lauréats des «Prix d’Architecture de la ville de Bordeaux 2006», avec en parallèle, visites commentées des bâtiments, exceptionnellement ouverts au public. D’autres exemples de maisons contemporaines seront exposés dans le Hangar 14.Une maison, réalisée à échelle un sur la place Pey Berlan, sera visitable le temps de la biennale. L’architecte Xavier Gonzales est l’auteur de cette construction éphémère. Pour la dessiner, il s’est appuyé sur le procédé constructif «Home system» d'Algeco.

Design
Un choix de la production contemporaine de luminaires sera présenté comme un nuage de lumière suspendu, au-dessus du mobilier dessiné et fabriqué pour la biennale «Agora». Sur les écrans, on découvrira le travail de designers, en réflexion sur les usages modernes et les attentes des consommateurs.

Article paru dans Batiactu, le 01/03/2006

24.2.06

La Buse d'or... les nominés !

Après les vœux qui puent, nous voilà à la période des récompenses.
Alors quel est le bâtiment fini en 2005 qui mérite une buse d’or tellement il est moche :
- Les archives et la bibliothèque départementales, par Vezzoni pour le Conseil Général des Bouches-du-Rhône nominée pour sa forme incroyable et la qualité des matériaux !
- La gare Maritime par Lanoire et Courrian pour le Port Autonome de Marseille nominé pour s’être montré à la "hauteur" de son site et pour ses accès qui s'annoncent déjà très pratiques !
- L’immeuble de logements 214-216 avenue du Prado par Poissonnier et Ferran, pour Kaufman and Broad nominé pour la générosité des ouvertures et la subtile utilisation de la pierre!
- Le collège Jean-claude Izzo, par Lacube et Redondo pour le Conseil Général des Bouches-du-Rhône nominé pour le nombre exceptionnel de matériaux utilisés et l'imaginaire portuaire assumé !
… n’hésitez pas à nominer d’autres chef d’œuvre en puissance !

Agitateurs !

23.2.06

Mort annoncée de l'École d'Architecture de Marseille ?

Dans une région où l'ambiance architecturale médiocre n'a d'égale que le nombre de tuile que l’on retrouve sur les toitures ; le projet à Nice d’une école internationale d’architecture dirigée par Jean Nouvel, sûrement privée, forcément élitiste, portera peut-être le coup de grâce d’une école en déclin, sans projet, sans ambition, sans moyen ! L’école d’architecture de Marseille se meurt et finalement qui la pleurera dans une ville où l’architecture n’a, au fond, pas grande importance ?

21.2.06

Habiter, du plaisir au luxe... De la villa … aux logements collectifs

Des villas aux logements collectifs, les recherches d’Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal sur l’habitat sont autant de propositions pour une société qui se construirait depuis ses « intérieurs ».Permettre de grandir, se développer, s’épanouir, se multiplier, c’est avant tout imaginer un environnement, un milieu, un « biotope ». Les conditions d’habiter sont ici plus importantes que les formes de l’habitat.



Lumière et température suffisantes, surface et volume pour croître. Ne serait-ce pas habiter une nature idéale, un intérieur semblable à l’extérieur mais sans agressions possibles ? Et si ces conditions sont réunies dans l’habitation, pourquoi ne pas partir de ces « natures intérieures » pour créer les villes ?
De la célèbre villa Latapie à Floirac, à l’immeuble de logements de Poitiers, des résidences du Cap Ferret en Gironde et du projet de Marsiglia en Corse aux propositions de reconversion des grands ensembles et au projet du petit Maroc à Saint-Nazaire, de la villa de Coutras aux logements sociaux de Mulhouse : chaque maison devient le prototype d’un possible immeuble de logements.
Ces prototypes explorent différents questionnements :- Ne pas toucher au site urbain ou naturel … mais simplement venir habiter ce milieu.- Développer une économie de l’existence … moins de matières pour plus d’espace.- S’extraire des logiques standards … pour laisser la liberté à la différence.




Appropriation et libertés

Chacun peut investir l’espace… mais chacun doit, avant, le matérialiser, le cerner : car rien n’est défini sinon la lumière et le paysage environnant, toujours présent... près et loin.
Ici, faire de ce lieu son territoire c’est jouer des limites : il y a le mur qui glisse puis se déploie pour se refermer plus tard, la terrasse à l’intérieur, la cuisine à peine esquissée est toute ouverte, la pièce qui changera avec les saisons, les murs ressemblants aux plafonds et les fenêtres qui se ferment avec des volets-murs.
S’approprier l’espace pour habiter : voilà le chemin de la liberté offerte. Cette démarche souvent maladroite est pourtant pleine des certitudes de l’occupant qui installe ses meubles, ses objets technologiques, ses enfants, ses habitudes, sa brosse à dents et ses rêves. Cette appropriation se confronte à la liberté de l’espace. Elle donne aussi tout son sens au lieu et le multiplie à l’envi des habitants. Autant d’intérieurs autant d’histoires d’habitants. Si souvent l’habitant semble venir en envahisseur de « l’oeuvre architecturale » pour la « pervertir », ici il la met en scène ; à lui les « risques » et le « pouvoir de l’architecture ».




L’économie de l’existence

Elle trouve, notamment, ses sources dans l’observation de certaines architectures africaines qui procèdent de l’assemblage minimum d’éléments locaux pour la protection contre le soleil et la délimitation du territoire de l’habitation. Les systèmes constructifs sont choisis afin de créer des enveloppes environnementales, et sont développés dans le sens d’une économie qui offre ainsi davantage d’espace, de confort et de plaisir. Le principe des serres est souvent réapproprié : s’il apporte une esthétique de la transparence, il permet surtout de recueillir la lumière destinée aux habitants et aux plantes, mais aussi de dilater l’espace. Cette économie de l’existence est celle du volume donné pour vivre.

Quand la villa Noailles redeviendra-t-elle une villa ?

L’exposition n’ignore pas les lieux, mais révèle ce rôle que la villa savait si bien tenir « accueillir » : Recevoir chez les Noailles, c’était offrir des séries d’activités notamment sportives comme l’imposante piscine intérieure, ou l’étonnante salle de squash avec son toit verrière.
Chaque pièce du plateau sportif est ainsi reconsidérée comme un milieu différent, un « biotope » qui entrera en résonance avec les projets d’habitation des architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal.

L’exposition

Un parcours entre villas et logements collectifs. Les relations entre les villas et les logements collectifs seront présentées dans un parcours articulant images fixes et images en mouvements. Les séquences en mouvement sont des séries d’instantanés qui témoignent de la vie à l’intérieur des lieux et de l’appropriation par les habitants de leur espace. Ces témoignages sont rares, mais ils permettent loin des images d’édifices vides de saisir les intentions et les volontés des architectes. Ces instantanés, présentés en très grand format, rendent également compte de l’importance du site et de ses rapports avec les constructions. Si l’architecture ne peut s’exposer, mais seulement se visiter, ces images – plus d’une centaine – rassemblées ici offrent une lecture à la fois dense et intime.



Exposition du 19 février au 2 avril 2006
vernissage le samedi 18 févriervilla Noaillesmontée de Noailles83400 Hyères
ouvert tous les jours sauf lundi, mardi et jours fériés10h - 12h / 14h - 17h30
entrée libre - Tel.: 04.98.08.01.98

Article paru sur Batiweb, le mardi 21 février 2006.